J.-F. Fourcade | Livres anciens & modernes J.-F. Fourcade | Livres anciens & modernes

Tous nos livres









72 BAISSETTE (Gaston). Isabelle de la Garrigue.
P., Julliard, 1968, in-8, br., n.c. 314 pp. Edition originale. 1/15 ex. num. sur alfa mousse (seul tirage en grand papier), celui-ci 1/5 H.C. porte le n°1. Bel envoi a.s.


50 €


 






17840 BALLARD (Jean). 7 lettres autographes signées ou L.S. et 1 L.S. de Renée Louys à André Rolland de Renéville.
11 pages in-8 ou in-4, toutes à en-tête des Cahiers du Sud, Marseille, janvier 1930 - 24 septembre 1953. env. cons. Très intéressante correspondance amicale et littéraire, fourmillant d'informations. Renéville dès la fin des années 20 devint un collaborateur régulier des Cahiers du Sud dont Ballard prit la direction en 1930. " …Ah ! chose qui va t'intéresser, je viens de recevoir une étude de Fluchère sur "Le Pouvoir Poétique du Mot" où il est question de toi à chaque page, souvent pour te chamailler car le point de vue de Fluchère est un peu celui de Caillois, mais de toute façon c'est une mise au point qui ne peut que mettre en valeur ton dernier ouvrage… " Il le remercie de son texte sur René DAUMAL. " …tu as touché juste. J'aime beaucoup tes pages. Tu les as voulu sobres et vraies et tu es resté dans l'accent de la personnalité de Daumal qui était de se refuser à tout vain éclat. Tu as parlé surtout de son accomplissement et c'était la chose importante. Je savais que tu découvrirais l'essentiel et que tu es celui qui le dirait le mieux… Rolland de Renéville est intervenu auprès de Léautaud pour obtenir quelque chose pour les Cahiers du Sud mais devant la multitude de ces textes, Ballard décide d'attendre : " …d'autant qu'il faut songer avec Léautaud aux surprises possibles. Imagine qu'on m'ait envoyé aux Cahiers de Sud les méchancetés - souvent spirituelles -dont il a gratifié des amitiés taboues ici. Je serais bien embêté". Il aurait fallu qu'un ami sûr put se pencher sur l'épaule de Léautaud et lui râfler au passage des textes à notre convenance. Mais avec un tel cerbère cela me parait difficile".


250 €


 






17674 BAMERT (Arnold). Africana. L’art tribal de la forêt vierge et de la savane.
Préface de Jean Laude. P., Editions Herscher, 1980, in-4, rel. toile et jaquette illustrée, 329 p., + de 160 photographies en couleurs par Arnold Bamert, index et bibliographie. Edition française.


60 €


 






20750 BARBARA (Charles). Lettre autographe signée à Jean Morel.
1 page in-8 sur double feuillet, 13 juin 1858. Rare lettre de l’auteur de L’Assassinat du Pont-Rouge. Ce roman fut publié pour la première fois dans la Revue de Paris en 1855 (en volume la même année chez Hetzel). Barbara y avait introduit, anonyme, le sonnet de Baudelaire : “Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire...” Jean Morel était le directeur de la Revue Française. “Sans une sorte de grippe qui m’accable depuis huit jours, j’aurai été déjà vous voir. Vous m’occupez en ce moment à peu près exclusivement. Je suis en train de vous forger une chaude (ébauche ?) nouvelle pour la Revue. Votre dernier article me fait penser que vous traiterez le Pont rouge avec bienveillance et je vous en remercie tout de suite...”


500 €


 






18478 BARBEY (Bernard). 2 cartes autographes signées à Pierre-André May.
2 p. in-12, 6 novembre [1924]-21 janvier [1925]. Il remercie P.-A. May de ces lignes où je lis tant de juste compréhension de mon Cœur gros [paru en 1924]. Je voudrais que tous les critiques et les lecteurs accueillent comme vous ce petit livre de confidence pudique… Il le félicite pour le n° de septembre-octobre et lui enverra avec plaisir un texte pour Intentions, mais il a besoin de temps car il travaille lentement.


50 €


 






14972 BARNEY (Natalie Clifford). Poems & Poèmes autre alliances.
Paris-New York, éditions Émile-Paul Frères-George H. Doran Co, 1920, in-8, br., couv. rempl., 29 p. Edition originale. 1/680 ex. num. (seul tirage).


200 €


 






66 BARON (Jacques). Le Noir de l'azur.
P., Editions du Bateau Ivre, 1946, in-12, br., 234 pp., jaquette. Edition originale.


20 €


 






19101 BARROIS (Maurice). Actualité du surréalisme.
(P.), Tendances, juin 1960, in-8, agrafé, 12 p. Tiré à part de Vie Culturelle 10. Illustrations. Textes de P. Descargues, C. Levi-Strauss.


15 €


 






21914 BARTHES (Roland). L’Empire des signes.
Genève, Albert Skira, collection Les Sentiers de la Création, 1970, in-8, broché, couverture illustrée rempliée, 156 p. Nombreuses illustrations. Edition originale. Envoi a.s. à Paule Thévenin. Coupures de presse jointes.


300 €


 






11210 BARTHES (Roland). S/Z.
P., Editions du Seuil, coll. Tel Quel, 1970, in-8, broché, 271 p. Edition originale (pas de tirage en grand papier), bel envoi a.s.


300 €


 






21553 BARTHES (Roland). MAUZI (Robert). SEGUIN (Jean-Pierre). L'Univers de l'Encyclopédie.
P., Les Libraires Associés, pour le Club des Libraires de France, 1964, in-folio, boite de toile verte de l’éditeur, étiquette ill., 54 p., 135 planches. Luxueuse et savante publication donnant la réimpression de 135 planches parmi les plus célèbres de l'Encyclopédie Diderot et d'Alembert, réunies en 14 sections, précédées de textes de Roland Barthes : Image, raison, déraison, de Robert Mauzi : Une souveraineté éphémère et de Jean-Pierre Seguin : Courte histoire des planches et de notices biographiques sur les dessinateurs et les graveurs de l'Encyclopédie. Exemplaire comportant un envoi a.s. de Barthes page de faux-titre contresigné par les deux autres auteur.


500 €


 






18849 BASTIDE (François-Régis). L.A.S. à Robert Carlier.
1 p. in-4, 24 novembre 1955. Lettre de recommandations pour une amie à un poste “pour lequel elle se sent des ailes” (...) Si vous donnez suite, je crois qu’il faudrait ne pas trop tarder, car elle est obligée de se décider vite entre une nouvelle orientation, la vôtre, et la continuation à un degré supérieur, de ses actuelles activités, des plus ennuyeuses...”


30 €


 






22269 BATAILLE (Georges). Le Mort.
Montpellier, Fata Morgana, 2012, in-4, en feuilles, sous portefeuilles à rabats et étui toilé. Reproduction en fac-similé du tapuscrit corrigé du Mort offrant des variantes par rapport à la version des Oeuvres complètes. Tirage unique à 30 exemplaires comportant chacun trois peintures originales de Jean-Gilles BADAIRE. Signature de l’artiste au colophon. Belle réalisation.


480 €


 






22270 BATAILLE (Georges). L’être indifférencié n’est rien.
Montpellier, Fata Morgana, 2013, in-8, en feuilles, sous couvertures rempliéés. Tirage unique à 24 exemplaires num. sur vélin pur fil d’Arches, comportant chacun deux fusains originaux de Damien DAUFRESNE. Signature de l’artiste au colophon.


450 €


 






21620 BATAILLE (Georges). Le Bleu du ciel.
P., Pauvert, 1957, in-12, br., 215 p. Edition originale. 1/3000 ex. num. (pas de grand papier). Envoi autographe signé à Gaetan Picon.


1000 €


 






21621 BATAILLE (Georges). Procès de Gilles de Rais.
Documents précédés d’une introduction par Georges Bataille. Le plumitif latin du procès d’église a été traduit par Pierre Klossowski. P., Le Club Français du Livre, Essais, 1959, in-8, rel. toile, 364 p. édition originale num. (pas de grand papier). Envoi a.s. à Gaetan Picon.


750 €


 






21122 BATAILLE (Georges). L.A.S. à sa cousine Marie-Louise.
2 p. in-4, Issy-les-Moulineaux, 9, rue Claude Matrat, s. d. [16 août 1934], à l’encre noire. Très belle lettre inédite, à lire entre les lignes… Bataille inquiet jusqu’à l’angoisse est sans nouvelles de Colette Peignot, Laure, avec qui il est intimement lié depuis peu. Elle est entrée dans une maison de santé dix jours auparavant… …Ne crois pas à une méfiance de ma part mais il y a des choses qu’il est difficile de dire par lettre. Ne sois pas angoissée, en tous cas, pour mon avenir matériel qui n’est en rien compromis et qui s’annonce plutôt bien que mal : je suppose qu’en ce moment beaucoup de gens pourraient m’envier. Mais il est arrivé que depuis quelques semaines j ’ai dû lutter avec le sort dans des conditions atroces et imprévues, si tu veux avec la mort suspendue sur la tête. Tu me connais bien et tu sais à l’avance de quel genre d’aventure il pouvait être question, mais jamais dans ma vie cela n’avait encore tourné à tel point au drame. Tu connais pourtant ma vie… Maintenant tout est apaisé sinon clairement résolu mais il reste que pendant plusieurs semaines j ’ai été amené à négliger tout : je prévoyais ce qui allait arriver mais je ne pouvais pas écrire parce que pendant très longtemps il m’a été impossible de prévoir où je serai le lendemain. Suivent trois lignes biffées mais lisibles : il est question de la visite de Victor (son cousin, frère de Marie-Louise) et d’un aller-retour effectué à Privas (où vivait son ami et analyste le docteur Adrien Borel qui recevait également en cure Colette Peignot). Il a des problèmes d’argent et doit demander une avance au notaire de la famille, … je suis acculé à payer mon loyer échu le 15 juillet qui se monte à 2850 francs (il y a là-dessus la part que paie ma belle-sœur que j ’ai malheureusement dépensé et électricité et gaz, ici, tombent avec le loyer) (…) Quant à l’avenir, Sylvia, qui reste pour moi l’amie la plus humaine et la plus dévouée, vient justement d’être engagée pour tourner dans des conditions brillantes (500 fr. par jour) et ainsi dans peu de temps tout s’arrangera (j ’ai reçu sa lettre m’annonçant cette nouvelle en même temps que la tienne). (…) Excuse-moi des ennuis que je vous donne. Je termine cette lettre quelque peu épuisé par une nuit de voyage et par une fatigue morale extrême… Voir G.B., Choix de lettres, lettre à Sylvia datée du même jour, pp. 90-91.


2000 €


 






21108 BATAILLE (Georges). L.A.S. à un ami.
“je serai chaque jour au bureau de 5 à 7” La mise en route d’une machine de guerre... 2 pages in-8 assez denses, " mercredi soir " [et d'une autre main : 20 février 1929]. Très intéressante lettre évoquant la mise en route de la revue Documents dont Carl Einstein sera officiellement directeur tandis que Georges Bataille secrétaire général, mais très vite ce dernier en assurera la totale direction. "Après avoir vu longuement Einstein cet après-midi, je crois pouvoir affirmer que le malentendu est complètement dissipé [...]. J'ai mis Einstein au courant de la marche du travail chez nos différents fournisseurs et il a pu constater que les choses étaient aussi avancées qu'il était possible. Il y a déjà une cinquantaine de clichés sortis, satisfaisants à de très rares exceptions près (un seul à refaire) et tous les articles reçus (Ant. Allendy, Contenau, Schaefner, Leiris, Babelon, Bataille) sont depuis hier à la composition. Des relevés ont été établis très régulièrement, de façon qu'Einstein ou vous-même puissiez être immédiatement au courant. D'autre part, il n'y a plus désormais que peu de démarches à faire au dehors et il est devenu possible de travailler à peu près exclusivement au bureau, si bien que la régularité, après quelques difficultés peut être maintenant assurée. Nous avons entendu ainsi avec Einstein que je serai chaque jour au bureau de 5 à 7. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu, je crois, de changer quoi que ce soit aux principes de la revue. Einstein envisage seulement maintenant comme pouvant être utile une collaboration provisoire de Doret qui me permettra de m'occuper plus activement de la rédaction et de la propagande. Doret pourra mettre Limbour au courant, ce qui me serait difficile puisque je suis obligé de préparer les clichés chez moi pour l'instant. J'ai eu en outre la satisfaction de constater, après une courte explication, que nous étions entièrement d'accord au point de vue intellectuel au sujet de la revue et vous pouvez surtout compter que je saurai éviter désormais tout incident, dussé-je y mettre une extrême bonne volonté (souligné). Cela ne me sera plus (pas) difficile puisque (mot rayé) : la revue est évidemment telle que je la souhaitais et le travail avance sérieusement..." ela ne me sera plus (pas) difficile puisque (mot rayé) : la revue est évidemment telle que je la souhaitais et le travail avance sérieusement...»


850 €


 






20974 BATAILLE (Georges). La Littérature et le mal.
Paris, N.R.F., 1957, in-12, broché, 231 pages. Édition originale. 1/25 ex. num. sur vélin pur fil Lafuma, seul tirage en grand papier.


2500 €


 






20971 BATAILLE (Georges). L'Abbé C.
P., Éditions de Minuit, 1950, in-12, br., 225 p. Edition originale. 1/30 ex. num. sur vélin du Ghaldwill, tirage de tête avec 3 Madagascar.


1500 €


 






20965 BATAILLE (Georges). L'Erotisme.
P., éditions de Minuit, 1957, in-8, br., 306 p. Edition originale. 1/35 ex. num. sur vélin pur fil (seul tirage en grand papier). Bel exemplaire.


3500 €


 






20961 BATAILLE (Georges). Sur Nietzsche. Volonté de la chance.
P., N.R.F., 1945, in-12, br., 284 p. Edition originale. 1/13 ex. num. sur vélin pur fil (seul tirage en grand papier).


2500 €


 






20940 BATAILLE (Georges). L'Expérience intérieure.
Paris, N.R.F., Les Essais, 1943, in-12, broché, 248 p. Édition originale. 1/13 ex. num. sur alfa bouffant Navarre (seul tirage sur grand papier avec 10 H.C.). Etat de neuf, et non coupé.


4500 €


 






19941 BATAILLE (Georges). 4 lettres autographes signées à sa cousine Marie-Louise.
Sans lieu ni date [Madrid ou Séville, février - mai 1922], 26 p. in-8 ou in-4 à l'encre noire ou bleue. Importante correspondance de Bataille avec sa cousine Marie-Louise qui sera jusqu'en 1924-1925 sa plus proche confidente. Sorti second de l'École des Chartres en février 1922, Bataille part pour un séjour en Espagne, à l'École des Hautes Études Hispaniques (l'actuelle Casa de Velázquez) en mission scientifique (l'étude des manuscrits français du Moyen-Âge conservés dans les bibliothèques d'Espagne). Les trois premières de ces lettres ont servi à Michel Surya pour l'établissement de sa biographie de Bataille (La mort à l'œuvre, Gallimard, 1992). La dernière est complètement inédite. Écrite de Séville, très certainement en état d'ivresse, elle n'est pas sans faire songer dans son contenu à certains épisodes d'Histoire de l'œil, le plus fameux des textes érotiques que Bataille écrira quelques années plus tard, texte autobiographique, ne l'oublions pas, ou plutôt en partie imaginaire. ? Ma chère Marie-Louise, il est à présent certain que je suis à Madrid et non comme tu pourrais le penser ou dans l'enthousiasme ou dans la désolation mais dans cet état mixte qui est caractérisé par le fait qu'il ne comporte ni enthousiasme ni désolation… Ma mission scientifique est en bonne voie parce que, merveille, je découvre une science nouvelle et véritable ce qui est digne de réjouissances, digne de félicitations. La plupart des pauvres gens rêvent d'une façon dépourvue du caractère scientifique et de la méthode, ce qui est à proprement parler une calamité générale. Il y a des méthodes pour aspirer la fumée du tabac et de l'opium pour humer la saveur des vieux vins et des cafés étranges et il n'y en avait pas pour s'imprégner profondément d'une rêverie. Il n'y en avait pas pour imaginer des baisers brûlants ou des crépuscules parfumés tout en regardant des figures pas plus expressives qu'un pot allemand de bière ou une cravate à dix-neuf sous. C'est pourquoi j 'invente patiemment une méthode à me faire rêver dans les plus humbles circonstances… ? Ma bien chère Marie-Louise (…) En effet j 'ai passé ces jours ci les plus mauvais que j 'ai encore eu en Espagne (…) Il ne faut pas trop m'en vouloir d'avoir eu contre toi une irritation très passagère. Je ne veux pas t'en reparler. Je suis seulement obligé de te rappeler qu'en particulier le 23 août 1920 j 'étais on ne peut plus, préoccupé d'aller en Orient, qu'à cette époque le goût des voyages était si déterminé en moi que je sollicitai un mois plus tard un poste de professeur en Amérique… Ta dernière lettre a été pour moi une grande consolation. Je souffrais beaucoup de ce qui était arrivé entre nous. J 'ai été en particulier fort heureux de lire que tu avais enfin un peu d'amitié pour mademoiselle Renié (…) elle est la Béatrice des choses de la terre, des voyages à travers de très véridiques pays, qui tous donnent à son imagination une passion amoureuse très émouvante. Aussi bien je ne veux plus la considérer comme une créature toute réelle (…) Ainsi mademoiselle Renié me donne une intéressante occasion d'analyser ma préoccupation habituelle, et même presque toute mon activité… ? Ma chère Marie-Louise, Tu t'es méprise en croyant que je n'étais que la victime d'un mirage. Étant à Madrid pour faire de l'eau et non pour demeurer à Madrid, je commence à pressentir une Espagne pleine de violence et de somptuosité ce qui est un fort agréable pressentiment… Voici une recette de rêve : 1° prenez une cigarette de moyenne grandeur et de tabac tout à fait blond 2° prenez un visage absolument inexpressif de la nature de celui des personnages dormants. 3° S'enorgueillir Le rêve commence alors comme un ruisseau qui coule dans une nuit de lune. (…) La seule chose qui soit sérieuse dans notre bonne petite existence est de s'agiter. Je serai personnellement heureux lorsque j 'aurai porté cette agitation un peu loin. Le Thibet me semble en être le terme convenable à cause de la difficulté, du froid, de l'altitude et de la polyandrie. Apprends en effet que les belles Tibétaines ont à la fois plusieurs époux. Quelle ne serait pas la gloire du voyageur qui allant vivre dans cet agréable pays en rapporterait des habitudes aussi courtoises… J 'ai commencé à écrire un roman et chose curieuse à peu près dans le style de Marcel Proust. Je ne vois plus bien le moyen d'écrire autrement (…) J 'ai vu une danseuse du pays qui semblait être une panthère d'un corps maigre et petit, nerveux et violent. Un petit animal de cette race me semble propre à mettre le feu dans un lit d'une façon plus ravageante que n'importe quelle autre créature… ? Par procuration à Marie-Louise Bataille Je suis bien là où je suis. Et quand à toutes ces gamines en goguette présente leur mes déclarations les plus tendres et mes baisers les plus rosses. Si l'une d'entre elles veut bien me rejoindre à Séville je l'attends à l'Hôtel du Lion d'Or. Dis-lui qu'elle ne s'ennuiera pas (…) On verra aussi des courses de taureaux, des cuadros flamencos, etc. Elle aurait tort de ne pas venir. Dis-lui que vraiment je suis très ému de ce qu'elle m'écrit (…) qu'elle m'envoie une boucle de ses cheveux et qu'elle me couse un beau pierrot de velours noir avec une collerette et des boutons jaune d'œuf. Je ne te crois pas quand tu me traites de fat car je ne l'ai jamais été ni quand tu prétends que vous étiez toutes grises car je ne t'ai jamais vu boire assez quand je n'étais pas là pour te lever le coude. Il fait un soleil, si tu savais, oh la la quel soleil ! Ça me donne du plaisir comme si je buvais du lait, tout ce qu'il y a de plus éblouissant. Aussi j 'ai un nez d'un rouge étonnant et on dit que c'est parce que je bois trop, et ça n'est pas vrai c'est le soleil. Mais ici tout le monde me calomnie et on m'accuse des pires choses sans qu'aucune [ne] m'ait jamais permis de les réaliser. C'est dégoûtant. Et je me donne un mal. Des surprises party, des soirées en goguette dans la campagne, toutes les visites, toutes les intrigues qu'on peut rêver, mais j 'ai beau m'ingénier, je suis veuf. Aussi elle serait pas mal accueillie celle qui viendrait à l'hôtel du lion d'or, à Séville. J 'embrasse tout le monde très généreusement.


15000 €


 






18946 BATAILLE (Georges). L'Expérience intérieure.
Paris, N.R.F., Les Essais, 1943, in-12, broché, 248 p. Edition originale. Service de presse, enrichi d’un envoi a.s. au philosophe Louis Lavelle. Prière d’insérer joint. Très intéressante provenance.


1500 €


 

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