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Éditions originales  |  Autographes  |  Beaux-arts  |  Livres illustrés  |  Photographie  |  Revues - tracts - documents
 

Résultat(s) de la recherche : Autographes (294)


Nombre de résultats par page :  25  •  50  •  75  •  100









(ALAIN). NADAL (Octave). L.A.S. à Pierre David.
1 p. in-8, Paris, 16 septembre 1947. “Je vous fais parvenir trois inédits d’Alain. Fin juillet j’avais montré à Alain La Licorne et il m’avait promis d’écrire pour elle. Vous savez que le Journal a paru presque en entier dans le Mercure de France et ce qu’il en restait ne m’a guère séduit. Voici donc les pages qu’il m’envoie aujourd’hui. Si vous les retenez - ou une partie - pour La Licorne, prévenez-moi, je vous prie ; sinon vous voudrez bien me les renvoyer...


50 €


 






(ARAGON). SOUDAY (Paul). Page de notes autographes sur Le Libertinage d’Aragon.
Page de notes au crayon noir, format 10,5 x 13,5 cm, au dos d’un programme des Concerts Lamoureux en 1924. Notes de lecture en vue d’un article, concernant les pages 9 à 213. Enveloppe transparente d’authentification de la page de notes trouvée dans le Libertinage vendu à la vente Paul Souday en 1930.


50 €


 






(BRETON). LAM (Wifredo et Hélena). L.A.S. d’Helena Lam à Elisa [BRETON].
1 p. in-4, écriture serrée sur papier avion. Port-au-Prince (Haïti) el 21 de Enero de 1946 [21 janvier 1946]. En espagnol. Excellent document ! André Breton arrive à Haïti le 4 décembre 1945 pour rejoindre ses amis, le peintre cubain Wifredo Lam et Pierre Mabille, représentant de la France Libre et directeur de l’Institut Français de Port-au-Prince, qui l’a invité à donner une série de conférences. Ces conférences se dérouleront alors qu’Haïti est en pleine insurrection… Le numéro spécial de la Ruche Hommage à André Breton, où est reproduit le « Discours au club Savoy de Port-au-Prince » prononcé le 7 décembre, est immédiatement saisi et plusieurs responsables du journal, comme René Depestre, seront emprisonnés. Le soulèvement qui s’ensuit provoquera la chute du gouvernement Lescot… Trois semaines après l’arrivée de Breton et Elisa à Haïti, celle-ci partit pour le Chili rendre visite à sa mère. À l’issue de ce séjour qui dura environ un mois, elle rejoignit à Saint-Domingue Breton, qui s’y était rendu depuis Port-au Prince. Helena tient sa promesse d’écrire à Elisa afin de lui raconter le déroulement de la conférence d’André. Il doit s’agir de la deuxième conférence qu’il donne, à la Faculté de Droit, salle des Pas Perdus (ça ne s’invente pas !), sur « Victor Hugo et les influences occultes du Romantisme ». C’est si difficile à décrire : l’enthousiasme et l’émotion, la très grande salle pleine à craquer de public, les gens agglutinés aux fenêtres du fond qui écoutaient debout du début à la fin et ton André lisant sa conférence, que nous avons tous trouvé admirable, et qui a provoqué à diverses reprises les applaudissements les plus forts au beau milieu des phrases (…). Tout était splendide, jusqu’au résumé (paru) dans Le Soir le jour suivant qui était intitulé en grandes lettres : Conférence magistrale d’André Breton, dans lequel on ne relevait pas la moindre erreur de citation, où rien n’était omis, sans erreur… André Breton, qu’Helena a rencontré le matin suivant, lui dit avoir était extrêmement surpris de l’attention [elle dit perfección] avec laquelle la conférence a été suivie, mieux que n’importe où ailleurs. Helena regrette l’absence d’Elisa [ ]. Et pendant ce temps, lui écrit-elle, tu étais Dieu et la Vierge et le diable et les diablotins sait-on, entre les nuages de quel pays… Wifredo achève les dernières petites choses (finitions) pour son exposition de mercredi. (…) Nous verrons bien quelle sera la réaction du public, poursuit-elle, Wifredo veut créer des peintures de grands formats en Haïti. Il a travaillé avec acharnement sur un dessin dont je t’ai déjà parlé… N’oublie pas la connexion de « Fata Morgana » et du mot « nuée » en particulier… Helena espère revoir Elisa à son retour. La dernière ligne est de la main de Wifredo suivie de sa signature. [Sur le côté] Quand je suis allée poster cette lettre, j ’ai reçu la tienne de Panama… Helena a aussi revu André. De l’argent est arrivé, et elle a rendu à André les 150 (?). Elle offre (ou promet ?) un catalogue à Elisa. L ’exposition de Wifredo Lam eut lieu au Centre d’Art à Port-auPrince du 24 janvier au 3 février. Breton donna un poème pour le catalogue La nuit en Haïti…


1500 €


 






(CHAR). BATTISTINI (Yves). 5 L.A.S. à Noël Arnaud.
7 pages de formats divers dont une carte postale. Paris, 26 avril 1947 - 5 janvier 1948. Très intéressante correspondance autour de l'activité du groupe et de la revue Surréalisme Révolutionnaire, et notamment de René CHAR… Il a reçu réponse de Char à sa proposition de collaboration au groupe (inutile d'attirer ton attention sur l'importance de cette lettre, de l'appui moral acquis pour nous de R.C.…) et il transmet à Arnaud la copie conforme des passages intéressants ainsi qu'un poème inédit de Char destiné à la revue : " …Tu sais combien tes efforts et ceux de tes camarades sont fraternellement suivis par moi. Je crois sincèrement que vous ne devez pas vous alourdir au départ de vieux vagabonds comme nous. C'est une " façon d'exister " que vous proposez et que vous défendez, qu'il faut que vous imposiez à l'intérieur de votre parti, peut-être à travers quelques uns que vous aimez dont je m'honore d'être, et contre les clowns, les pourrisseurs, et les Saint-Just de pissotière. Vous serez plus forts si vous ne vous hypothéquez pas… " Dans les autres lettres il réclame ou demande que l'on transmette des documents ou des comptes rendus de réunions du S.R. On mentionne les noms de Jaguer, Dotremont, mais aussi Biton, Trouille, Puel, etc.


500 €


 






(CHAR). BATTISTINI (Yves). Signification d'un bestiaire de René Char. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ + L.A.S. à Noël Arnaud.
14 pages in-4 + 1 p. 21 × 13,5 avec titre et indication de composition de la main d'Arnaud. Important texte destiné à la revue Le Surréalisme révolutionnaire, extrait de : " René Char ou la justice du poète " (en préparation) …je confie à ta consciencieuse exactitude ces feuillets. Je pense que le peu que tu en déchiffreras, t'inclinera à croire à l'utilité de les publier dans la revue S.R. (…) Char qui connaît cette étude, en a été enthousiasmé. Cela peut ne pas être indifférent ! Le dernier feuillet du manuscrit comporte un long mot autographe signé destiné à Christian DOTREMONT : …J'ai vivement regretté de ne pas t'avoir vu lors de tes récentes apparitions, à Paris, et Bruxelles est bien loin pour moi! (…) Je ne pourrais assister (à cause de mon travail) au congrès S.R. Dommage, car j'aurai aimé soulever quelques lièvres à propos de musique…


600 €


 






(CIORAN). REBATET (Lucien). L.A.S. à Louis Barellon.
4 p. in-4 bien pleines. Montmorency, 25 janvier 1954. Cachets de censure de la prison d’Eysses (Lot-et-Garonne). Quelques déchirures sans manque aux plis. Très longue et très intéressante lettre adressée à un ami sans doute connu à la prison de Clairvaux et détenu à la maison centrale d’Eysses. Elle est riche de renseignements sur les activités de Lucien Rebatet quelques mois après sa libération et sur ses fréquentations dans le monde littéraire, notamment Bernard de Fallois (l’ami le plus sûr qui se soit révélé pour moi, parmi les nouveaux venus), Roger Peyrefitte (Mais hein ! tout de même ! son Vichy, à côté du mien), Jean Paulhan (qui demeure impeccable), Marcel Jouhandeau, Marcel Aymé (il devient un peu commerçant de théâtre), Roger Nimier, Jacques Laurent, etc. Il commente ses dernières lectures : Les Fruits du Congo de Vialatte, Le Questionnaire et le Docteur Faustus… Bien sûr il est aussi question de leurs vieux amis (comme P.A.C. [Pierre-Antoine Cousteau] encore en prison) mais elle dresse surtout un PASSIONNANT PORTRAIT D’EMIL CIORAN dont son ami et correspondant est aussi un fervent: … il faut que je te le dise sans plus tarder (…) J ’ai enfin rencontré Cioran, que je cherchais à voir depuis plus d’une année. C’était dans une réunion amie où il y avait pas mal de jolies femmes et de parleurs brillants. Il était six heures et demie. Nous nous sommes aussitôt isolés dans un coin avec de quoi boire, et sandwichs ; nous avons bavardé sans arrêt jusqu’à minuit ; et encore cela aurait-il duré beaucoup plus longtemps, sans mon maudit train de banlieue. Je lui ai fait part, dès le début, de l’enthousiasme qu’avait conçu pour son livre un grand gaillard de stéphanois, ancien artiflot, après bien des aventures. Il ne semblait pas soupçonner l’existence de tels lecteurs, et je peux dire qu’il en a été sidéré et émerveillé. Il a quarante ans. (Je le croyais un peu plus jeune). Il est un peu plus grand que moi — pas de beaucoup — guère plus joli, dans le genre un peu crochu, légèrement diabolique, avec des cheveux brun-roux, tout droits, des yeux plutôt verts. Il est originaire de Transylvanie, et je suppose qu’il doit avoir quelques gouttes de sang hongrois, bien qu’il s’en défende. Avec ça, totalement sympathique. Tous ceux qui le connaissent, d’ailleurs, m’avaient déjà vanté sa gentillesse, son absence complète de pose. Comme tous ceux qui écrivent bien, il parle à la va-vite, mais d’une façon très savoureuse. Il pétille de génie. J ’ai été suffoqué en apprenant qu’il n’a commencé à écrire le français qu’en 1946, c’est-à-dire deux ans avant de faire son Précis ! (…) C’est un pessimiste gai, l’espèce d’homme la plus agréable, tout compte fait. Il demande qu’on le lise comme il écrit, avec une pointe d’humour. Mais tout ce qu’il écrit, il le pense profondément. Il sait tout et il est revenu de tout, sauf d’une admiration purement esthétique, semble-t-il, pour quelques mystiques. C’est peut-être le seul point où je ne me sente plus parfaitement d’accord. Mais pour le reste ! J ’ai eu vraiment la joie de mettre la main sur un type de ma famille, un esprit consanguin, comme dit Proust. (…) Il a la quasi-certitude d’assister aux derniers jours de l’Europe, et je ne suis pas loin de ce sentiment. Il a besoin de grands loisirs. Il pourrait sans peine devenir lecteur chez Gallimard, mais ça l’épouvante : « On amène les manuscrits par camions ! Il faut en lire des mètres cubes ! J ’en crèverais au bout de 8 jours ! ». Il vit comme un étudiant pauvre au Quartier Latin. Il faut l’entendre remettre à leur place minuscule le Camus et le Malraux, sans la moindre morgue, mais simplement parce que c’est la vérité. Malgré son mépris du roman contemporain, il m’a dit du bien des Étendards. Les a-t-il lus ? C’est une autre affaire. On verra ça bientôt. Bref, un type épatant, un de ces esprits profonds mais au pas léger qu’invoquait Nietzsche. Mon vieux Louis, tu avais eu le nez creux en mettant son Précis, que je viens de relire, parmi tes livres de chevet. Nous nous sommes quittés archi copains, et je ne passerai plus dans sa rue sans aller lui dire bonjour… La dernière partie de la lettre, tout aussi intéressante, concerne ses difficultés matérielles et sa passion pour la musique qui est au cœur du sujet de son nouveau manuscrit : Les Épis murs.


2000 €


 






(COCTEAU). LANUX (Pierre de). LE GRAND ÉCART, PAR JEAN COCTEAU. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ. 6 pages in-8, quelques ratures et corrections au crayon.
Paru dans le n° 16 d'Intentions, mars 1923. Texte critique très élogieux malgré une introduction acide qui embrase toute l'activité antérieure de Cocteau: "Tout chemin peut mener jusqu'à soi-même, sauf quand on est bête. De travesti en travesti, de gageure en gageure, animé d'un étonnant désir de convaincre, Jean Cocteau, qui pense à tout mais qui a oublié d'être bête, arrive au bout d'un vaste périple d'expériences et d'avatars..." "Il a aimé la gloire. Il l'a tant aimée qu'il sera probablement tout à fait dégouté quand elle sera à lui tout à fait. Ces choses-là arrivent. Cette fois-ci déjà, ce n'est plus par souci de forcer la gloire que Jean Cocteau a mis dans le Grand écart ce qui en fait un livre de premier rang. Déjà il n'écrit plus pour; il écrit parce que".


250 €


 






(DABIT). BRAUN (Vera). L.A.S. à Jean Carteret.
1 page recto verso (20,6 x 13,2 cm) env. conservée datée 7-1937. Vera Braun souhaite montrer à Jean Carteret l’horoscope d’Eugène Dabit, elle voudrait l’offrir aux parents de Dabit et le faire avant que Béatrice Appia ne rentre). “Mais je voudrais bien le parcourir avec quelqu’un de savant dans cette matière comme votre ami par ex. qui était avec vous au ciné-club”.


50 €


 






(ELUARD). L.S. du directeur des éditions Hatier à Paul Eluard.
1 page in-4, Paris, 28 juin 1948, à en-t^te de la maison d’édition. Un document. Demande d’autorisation pour publication dans un manuel scolaire... “Nous préparons en ce moment un volume de MORCEAUX CHOISIS, pour la classe de sixième des cours complémentaires...” et l’auteur demande d’y faire figurer un texte extrait du recueil “Au rendez_vous allemand”. Le directeur précise que les auteur suivants : Marie Noël, Colette, M. Genevoix, J. Romains, G. Duhamel figureront dans le même recueil. Eluard semble avoir répondu positivement.


50 €


 






(FAULKNER). MOHRT (Michel). 2 L.A.S. à Robert Carlier.
7 p. in-4, Paris, 11 juin - 20 août (1955). Concernent l'édition de la grande anthologie William Faulkner au C.F.L. qui paraîtra en 1956 sous le titre : William Faulkner Jefferson, Mississippi. La lettre du 11 juin (5 pages) donne un plan très détaillé du projet, à partir de l'anthologie américaine publiée par Malcolm Cowley… L'autre lettre concerne notamment l'édition au C.F.L. du Vieil homme et la mer d'Hemingway (préfacé par Michel Mohrt). Michel Mohrt a choisi l'iconographie de l'Album Faulkner dans la collection de la Pléiade.


250 €


 






(FAUTRIER). MALRAUX (André). C.A.S. à Jean PAULHAN.
2 p. in-12, Paris, à en-tête du Ministère d’Etat aux Affaires Culturelles, 15 décembre (1963). Belle et terrible lettre sur Jean FAUTRIER. “Cher Jean - je crains que l’on ne puisse, en effet, aider Fautrier. Quand la mort rôde, on n’aide les gens que sur l’essentiel (et je n’ai jamais été assez lié avec lui pour y penser) ou sur leurs désirs. Le sien semble être cette rétrospective à laquelle, me disiez-vous, rien ne s’oppose. Je le lui écris. Alors ? A Carré de jouer, un peu par vos soins? (Son petit problème de Légion d’H. sera réglé pour la prochaine promotion donc jour de Pâques). Merci du Nimier, que je vous retourne. Je ne le connaissais pas. Comme c’est loin!” La rétrospective eu lieu au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris en avril-mai 1964. Fautrier décèdera le 21 juillet la même année à Châtenay-Malabry.


750 €


 






(HUGO). BILLY (André). 2 lettres autographes signées à un ami journaliste et lettre autographe signée de ce dernier à Robert Carlier.
4 p. in-8, deux des lettres sont à en-tête du Figaro. Documents concernant le procès intenté par les héritiers Hugo au Club Français du Livre pour la publication de Notre Dame de Paris en 1949. La plaidoirie de Me Maurice Garçon a permis après le procès de fixer la date du domaine privé, les héritiers Hugo ayant été déboutés de leur action. Le journaliste à Carlier : Dans un entracte de l'interminable procès Kravchenko, il retrouve une lettre de Billy qui l'informait du procès Club contre héritiers-Hugo, vous verrez qu'il était tout disposé à vous aider… Billy au journaliste : "L'histoire Hugo m'intéresse d'autant plus que c'est à la suite d'un article de moi dans Le Figaro qu'un décret a été pris par Vichy pour prolonger la propriété des héritiers Hugo… Et il se propose de faire un article. Une autre lettre concerne des rendez-vous.


80 €


 






(HUYSMANS). LANGé (Gabriel Ursin). 4 L.A.S. à Léon Deffoux.
5 pages 1/2 in-8 ou in-4, [1931] Paris ou Rouen, l'une à en-tête des Artistes Normands, 1 env. cons. Très intéressante correspondance autour de Huysmans. On y évoque Lucien Descaves et ses ouvrages, E. Adler, P. Galichet, Lambert, Les Logis de Huysmans, réactions à la lecture du livre de Sellière, il est question aussi de Jean FOLLAIN désireux d'entrer à la Société, etc. On joint 2 L.A.S. de Pierre Galichet, 2 p. in-8, 22 juillet 1932 et 4 mai 1936.


80 €


 






(JOUVE). BAUDOIN (Charles). Carte autographe signée.
Carte autographe signée à Pierre Jean JOUVE, datée 21 novembre 1962, recto verso, env. cons. Baudoin félicite Jouve pour “la belle distinction dont vous venez d’être l’objet et qui me réjouit”, le Grand Prix National des Lettres. “Je ne me suis guère manifesté auprès de vous depuis longtemps... Mais les liens spirituels n’en demeurent pas moins. J’ai suivi votre silhouette “En Miroir” et ele m’a paru fidèle au plus vrai”.


100 €


 


(LAUTREAMONT). VARBANESCO (Dimitri). BRETON (André). Lettre autographe signée à André BRETON + 7 gravures originales.
Grenoble, 22 janvier 1947, 3 pages recto verso in-4 et 7 gravures signées, enveloppe cartonnée conservée avec l'adresse d'André Breton 42, rue Fontaine. Varbanesco propose à André Breton de collaborer à un numéro spécial de la revue Variété, il lui demande un texte-pivot traitant de la coïncidence. Il l'assure de la collaboration du Dr Mabille (Pierre). Les deux tiers de la revue seront consacrés à la question de la coïncidence et un tiers présentera les gravures " sur caillou " et des documents du jardinier Guillermin qui vivait à St Oudras dans l'Isère. Également des traductions de l'œuvre d'Urmuz l'écrivain roumain dont vous avez entendu parler et qui fut précurseur. Varbanesco revient sur l'idée de Breton d'une enquête sur la coïncidence dont les réponses les plus significatives auraient été publiées. La réunion de ces textes serait l'étape préliminaire pour une prochaine anthologie. Enfin la question de la division du contenu du numéro se pose : soit selon les auteurs, soit par spécialités dans les domaines scientifiques, poétiques, etc. Varbanesco demande l'opinion de Breton sur toutes ces questions. En post scriptum : je me fais le plaisir de vous envoyer quelques planches extraites d'un travail actuellement en cours pour les Chants de Maldoror que je prépare pour les éditions Bordas. Joint : 7 estampes signées, toutes annotées au crayon par Varbanesco : 1 planche Les chasseurs d'ours de St Ondras par eux-mêmes copie d'après une gravure sur " caillou " du jardinier Guillermin, 6 épreuves d'artiste inédites pour les Chants de Maldoror : Ier chant le fond de l'océan (eau-forte sur zinc), Chant Ier …gonflent leur cou terrible (5ème, 8ème et planche définitive), Chant IIIe, au bordel (planche définitive et 20ème planche). Varbanesco a illustré le n°9 des Cahiers G.L.M. ainsi que le n°5 de la revue Le Temps de la poésie.


1500 €


 






(MILLER). DE MILLE (Richard). Portrait photographique de Henry Miller.
Tirage en couleurs d'époque, avec une petite bordure blanche, format 12,5 x 12,5 cm. Portrait de Miller chez lui à Pacific Palisades en Californie, il est assis à sa table avec une cigarette, feuilletant le François d’Assise de son ami Joseph Delteil. Cette photographie prise en août 1960 est reproduite dans de nombreuses publications.


250 €


 






(MONTHERLANT). BOUNOURE (Gabriel). Apologie pour l’Oronte. MANUSCRIT AUTOGRAPHE.
Manuscrit autographe signé daté Beyrouth, mars 1924, de 16 pages in-quarto. Provient des archives de Pierre-André May, mais cet essai sur Henry de Montherlant ne fut pas publié dans la revue Intentions. Ce manuscrit n’est pas de la main de Gabriel Bounoure mais certainement de sa femme. “Tibre et Oronte” de Montherlant paru dans la Nouvelle Revue Française du 1er octobre 1923 et en volume en 1924 (1er chapitre du Paradis à l’ombre des épées).


250 €


 






(NABOKOV). Portrait photographique de Vladimir Nabokov.
Tirage argentique d’époque sans marge, 24 × 18, tampon au dos des archives de la Librairie Hachette. Très beau portrait de 3/4 de Nabokov, à la manière des studios Harcourt (des noirs intenses et une sorte de relief). Vers le milieu des années 1950, époque où il écrit Lolita, il est souriant, en chemise blanche, cravate et veston.


500 €


 






(PETRARQUE). Photographie de la maison de Pétrarque à Venise.
Tirage argentique d’époque, 8,5 × 7,8, montée sur un carton fort. Sans date (vers 1850). Cette très curieuse photographie provient des archives de Paul Bourget : devant la maison de Pétrarque Riva degli Schiavoni, à Venise, des militaires sont assis près d’un étal de pastèques ! Une plaque sera apposée en 1904.


500 €


 






(PRADO). LE ROY-PRADO (J.). Lettre autographe signée à Paul Eluard.
2 pages in-8, datée Asnières, 24 mai 1948. Jacques Prado né en 1889 était ingénieur en aéronautique et aviateur. Il publie, en 1927, un recueil de poèmes intitulé Balises. L´année suivante, il est victime d'un accident mortel en service commandé. En 1929 parait Holocauste, recueil posthume, préfacé par Henri de Régnier. La fille du poète Jacques Prado adresse à Eluard les 2 recueils de poésie de son père, publiés aux éditions La Phalange en 1928 et 1930 pour son Anthologie des poètes français 1918-1948. Elle cite Henri de Regnier, Jean Royère qui lui a consacré un article, Alfred Mortier. Ces poèmes pourraient avoir une place dans l’anthologie que prépare Paul Eluard.


100 €


 






(PREVERT). THEROND (Roger [-Marc]). L.A.S. à Jacques Prévert et PHOTOGRAPHIE ORIGINALE.
1 p., 22 x 17,2, sur papier ligné, datée Sète, 10 octobre [1943], env. cons. Jolie lettre dans laquelle le futur journaliste de Paris-Match (“le poids des mots, le choc des photos”) exprime son enthousiasme d’avoir pu faire la rencontre de Prévert : “j’ai envie de vous dire la joie que j’éprouve de vous avoir connu, de vous avoir parlé et de vous avoir vu comme vous êtes dans la vie et non plus seulement à travers vos films. Cela a été pour moi d’un grand encouragement de vous voir vivre tous trois avec MM. Traüner et Rey autour du cinéma, pour le cinéma et aussi tellement dans la vie de tous les jours (...) dommage que je n’ai pu faire du cinéma près de vous ou de M. Carné. (Je vous remercie de votre accueil si franc et je me rends compte de tout ce que je dois à Rey qui m’a présenté à vous”. La photographie tirage argentique de l’époque en n&b, 7 x 9 cm, a été certainement prise par Roger Thérond, elle était jointe à la lettre. Elle représente : Prévert, sa compagne Claudie Carter, Henri-François Rey et le chien de Prévert au premier plan, annoté au dos “Fête Nice 43”. Prévert en 1943 était à Nice sur le tournage des Enfants du Paradis de Marcel Carné. Son histoire d’amour avec Claudy Carter se terminera aussi cette année là.


750 €


 






(RADIGUET). LANUX (Pierre de). LE DIABLE AU CORPS PAR RAYMOND RADIGUET. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ. 4 p. in-8, quelques ratures et corrections.
Paru dans le n°14-15 d'Intentions, avril-mai 1923. Texte critique assez ambigu. "Les critiques me paraissent avoir fait une confusion entre la précocité du romancier, réelle certes et remarquable, et le fait beaucoup moins étonnant qu'un homme de dix-sept ans se trouve en possession d'une personnalité déjà formée, et, disposant de loisirs exceptionnels, s'exerce à l'amour comme on se lance sur une belle route sans obstacles, un beau matin, pour essayer une voiture neuve. La randonnée se termine mal il est vrai. Une femme est tuée. Mais le moteur a fait ses preuves, et les ressorts n'ont pas trop souffert..."


250 €


 






(RIMBAUD - VERLAINE). FONTAINE (André). Verlaine - Homme de lettres.
P., Librairie Delagrave, 1937, in-8, br., 144 p. Edition originale. 1/15 ex. de tête sur pur fil, celui-ci H.C. Bel envoi a.s. : à Monsieur Léon Deffoux ces pages sur Verlaine - et parfois de Verlaine - avec mes confraternels sentiments”. Prière d’insérer joint. 6 lettres autographes signées jointes (différents formats) de Fontaine à Léon Deffoux 19 avril - 28 juin 1937, 9 pages in-8 d’une fine écriture, env. cons. (l’une d’elle est découpée). Les lettres relatent la découverte d’une correspondance échangée en 1875 entre Verlaine et Delahaye au sujet de Rimbaud. Il y est question aussi de Germain Nouveau. A la bibliothèque Jacques Doucet, André Fontaine copie partiellement cette correspondance et voudrait la faire publier intégralement. Il demande à Léon Deffoux de l’aider car le Recteur de l’Académie de Paris n’a autorisé qu’une utilisation très stricte des citations inédites. Très intéressant ensemble.


500 €


 






(SAINT-POL-ROUX). JOUVENEL (Bertrand de) sous le pseudonyme de René NERÉ. LE POÈTE MAGNIFIQUE. MANUSCRIT AUTOGRAPHE. 6 p. in-4 sur papier rose.
Bel hommage rendu à Saint-Pol-Roux publié dans le numéro 2 d'Intentions en février 1922. "Le symbolisme panthéiste réinventa l'ardeur. Décidés à trouver dans l'instant toutes les possibilités, les poètes nouveaux se crurent le résumé du monde..." "Saint-Pol-Roux a dit: "Le style c'est la vie", car la vie pour lui c'est d'ordonner, d'unir, d'appuyer un portrait sur une idée, et une idée sur un portrait. (...) On peut voir en St-Pol-Roux, un écrivain précieux et pourtant violemment sincère, allégorique et pourtant évocateur, mais il est plus que celà. Il est celui qui veut arracher la synthèse au symbole. Il est en quète des associations cachées, sa subtilité lui est nécéssaire et nous ne lui demanderons pas comme ces impies "Seigneur, cessez de vous exprimer en paraboles!"


250 €


 






(ZAMIATINE). KUNINA ALEKSANDER (Irina). Eugene Zamiatine. Croquis par Irina Kounina.
3 pages (en double), ronéotées, recto, 27 x 21 cm, avec quelques corrections, accompagné d’un petit mot daté du 16 juin 1939 à Max-Philippe Delatte. 1 carte postale manuscrite datée 5 avril 1939. Elle s’excuse de répondre tardivement et lui demande de la rappeler pour pouvoir lui fournir les renseignements demandés. 1 lettre ronéotée avec la signature autographe, datée 15 mai 1939. Elle était souffrante + un déménagement et n’a pu assister à sa conférence. Elle le remercie pour l’envoi de Critique 38, la revue créee en mai 1938 par Max-Philippe Delatte. “Vous vous rappelez, cher monsieur, que je vous ai demandé une fois si je pouvais placer dans votre revue une critique sur le livre de l’écrivain russe E. Zamiatine ? - son oeuvre posthume qui vient de paraitre. Je suis prête à l’écrire moi-même ou de vous la procurer faite par un des critiques russe”.


150 €


 






ABELLIO (René). 2 lettres autographes signées à Robert Carlier.
2 p. in-4 et in-8, Paris, avril 1964 et 2 octobre 1965. Recommandations : Voici, sur Sade, le manuscrit d'un de mes amis, Michel CAMUS. Peux-tu le faire lire ? Avec la seconde lettre, plus longue, il fait suivre à Carlier une enveloppe que Marie-Madeleine DAVY lui a remise à l'intention des éditions Gallimard tout en la recommandant. M.-M. Davy qui est une femme assez extraordinaire l'a pris comme intermédiaire.


100 €


 






ABELLIO (René). Lettre autographe signée à Robert Carlier.
1 p. in-4, Paris, 16 décembre 1953. Il a fait parvenir à Carlier une série de fascicules diffusée par le Cercle d'Études Métaphysiques… Bientôt seront abordés les problèmes cosmologiques qui, je crois, vous touchent plus directement. Mais de toute façon je serais heureux d'avoir votre avis. On m'a dit que vous aviez quitté le Club Français du Livre. Est-ce exact ? Pour moi me rendant compte de l'impossibilité de vivre en écrivant des romans, je fais l'ingénieur et n'en suis pas plus fier pour ça. J'espère arriver, dans quelque temps, à dégager quelques demi-journées…


100 €


 






ALBERT-BIROT (Pierre). Deux lettres autographes signées à Guy Le Clec'h.
Duravel, le 5 août et Paris le 2 septembre 1966, 3 pp. 1/2 in-8, sur papier à en-tête. Une enveloppe jointe. Lettres au sujet d'un article dans le Figaro. Albert-Birot, après s'être inquièté d'être sans nouvelles, et d'attendre, semaine après semaine, dans le journal l'article le concernant, remercie tardivement le critique. "... nous avons envoyé un "télex" à B. Pivot, avec une "prière d'insérer" qui indique la manifestation de dimanche 21. Si vous pouviez veiller à ce qu'un écho paraisse, nous en serions très heureux pour nos amis de la Barbacane de Bonaguil qui se donnent tant de peine à ce sujet". Il réclame aussi des livres qu'il a prété "un n° des Lettres Nouvelles, et un livre SILEX, que vous aviez promis de nous retourner..."


100 €


 






ALLENDY (René). 13 lettres autographes signées à André Rolland de Renéville.
14 pages in-12 ou in-8, Paris, 14 septembre 1932 - 1er avril 1938, une env. cons. Intéressante correspondance, échanges de livres, d'articles notamment pour la revue bruxelloise Hermès), etc. Sollicitations d'Allendy pour des questions de magistrature (et en retour d'ordre médical pour Renéville). " …Nous avions déjà beaucoup de sympathie pour l'auteur de Rimbaud - avant de vous avoir vu - et nous avons été heureux de le confirmer d'une manière si agréable. En attendant de nous réunir tous à nouveau - Voulez-vous venir me parler de psychanalyse le samedi 8 oct 1932. Je pense que cette heure peut s'accorder avec votre travail "… Il lui demande de se mettre en relation avec une jeune fille (Melle Schrimpf) qui a beaucoup d'ennuis depuis le décès de son père… " Je vous remercie vivement du compte-rendu de mon livre dont vous avez bien voulu me communiquer le texte. Je le trouve excellent ". Il souhaite introduire " M. Jean Bulla qui désirerait avoir de votre expérience littéraire quelques conseils et directives ". Il lui adresse une certaine Mme Dubois " qu'on m'a amenée comme cliente, une grande nerveuse, qui a perdu 13 kgs depuis que son mari est en prison ! Je ne sais pas quelle crapulerie il a faite mais comme la pauvre femme très malheureuse disait qu'il y avait un moyen de libérer son mari plus vite mais qu' elle ne savait pas ce qu'il convenait de faire je me suis permis de lui parler de vous. Faites-en ce que vous voudrez… " " J'ai écrit à M. Jacques Chautemps de venir me voir jeudi comme vous me le demandiez dans votre lettre. Je serais heureux de le connaître "… " Vous avez eu une bien belle idée bien poétique et bien digne de votre sens (personnel) de la poésie. Je vais vous envoyer quelques pages de moi -et aussi la traduction française (inédite) de quelques pages remarquables de Paracelse". Il se propose aussi d'obtenir quelques pages d'une dame qui avait fait " une conférence remarquable sur l'origine magique du théâtre et ses effets magiques ". " Voici le manuscrit. Merci de vous occuper de sa publication - mais en cas de difficulté, je vous supplie de songer à me le renvoyer ". " Voici ce que je trouve à vous envoyer… ça peut intéresser tout le monde et ça prépare mon livre qui doit sortir. Est-ce que ça peut aller dans Hermès ? Merci pour les Cahiers Blancs…" "Je prépare un travail sur le crime. J'apprends qu'il y a au Ministère de la Justice des statistiques sur le crime. Savez-vous si je pourrais les consulter et pouvez-vous quelque chose pour moi dans ce sens ? "Je suis bien heureux d'avoir votre Expérience Poétique. Je me rappelle la belle conférence que vous nous avez faite sous ce titre… 1 carte de visite de Allendy recommandant les Renéville auprès du docteur Chauchard et 1 ordonnance d'homéopathie signée daté de mai 1934.


450 €


 






APPIA (Béatrice). C.A.S. signée à Jean Carteret.
1 carte postale “Victoire détachant sa sandale”, datée 28-12-57. “Cher Jean Impossible d’écrire. Je suis paralysée par la ronde infernale des nuits blanches, jours noirs et inversement (aussi). J’espère toujours te voir bientôt, et reposé. T’embrasse.”


50 €


 






ARLAND (Marcel). 3 lettres (dont 2 autographes) signées à André Rolland de Renéville.
3 pages in-8, Paris, 2 sept. 1942 à en-tête de l'hebdomadaire Comoedia - Brinville, 20 mai 46. Une env. cons. "Chardonne m'a dit que vous lui aviez donné une préface à Gérard de Nerval. Croyez-vous que vous pourriez extraire de cette préface un article ou une chronique pour Comoedia…". "J'avais emporté en voyage votre livre de poèmes, et je l'ai relu à mon aise, y trouvant chaque fois un plaisir nouveau. J'aime leur grand art et leur très sensible, très frémissante intelligence. C'est une des rares oeuvres dans la poésie contemporaine dont on peut être assuré qu'elles ont reçu en naissant la durée. Joint : 7 L.A.S. ou L.S. de B. de Masclary (directeur littéraire avec Arland) à André Rolland de Renéville: 7 pages in-8 ou in-4 (1942-1943) toutes à en-tête de Comoedia. Il demande quelques poèmes et "une petite note sur le livre de Desnos Fortunes qui vient de paraître (...) Etant donné l'importance du livre, Arland verrait une note un peu plus longue que celle que nous publions généralement à cet emplacement". "Pouvons nous compter sur votre chronique pour le 8 mars ? Chronique qui porterait comme nous en avions convenu sur le cahier de la Jeune Poésie et sur le livre de Fieschi". Au dos, de la main de R. De Renéville, des listes (lettres, téléphones, courses) et une note : "A cause de l'interrogation qu'ils posent et de la réponse qu'ils laissent entrevoir. Et encore parce que leur existence constitue un soufflet perpétuel à la racaille de l'esprit". 1 L.S. de René Delange (fondateur de Comoedia) de 1941 lui demandant de passer à Comoedia. 1 lettre de la comptabilité indiquant le règlement des piges pour l'année 1943.


150 €


 






ARNAUD (Noël). DEREUX (Philippe). 12 lettres autographes signées à Noël Arnaud + 1 lettre ronéotée de Noël Arnaud.
Villeurbanne, janvier 1961 - janvier 1987, 18 pages format in-8 ou in-4, 3 enveloppes conservées. Au sujet des travaux de Dereux. Il est question de Jean Dubuffet mais aussi de la revue de Noël Arnaud Le Petit Jésus (ainsi que des mérites comparés du vin de Bourgogne et du Beaujolais). Merci pour vos bons vœux: un pisseur de Dubuffet ne manquera pas de les rendre efficaces… Il le remercie tardivement d'être venu à son vernissage, la raison en est une lettre de Dubuffet si offensante et si injuste à mon avis, que je ne sais plus comment m'adresser à ceux qui comme vous, connaissent lui et moi-même. (…) Peut-être avez-vous déjà entendu parler de l'expérience des épluchures ? (expérience qui s'accompagne d'un " Traité des épluchures " de 120 pages)… Il voudrait avoir son avis, il expose chez Weiller. J'ai l'impression qu'en ce moment l'Organon Executif est en état d'inexécution. Il l'informe que Le Mercure de France doit publier des passages du " Traité des épluchures " dans les n° de juillet, septembre et octobre. Il espère rencontrer Arnaud à Paris. Tenez-moi malgré mes indignités stomacales et abdominales au courant de votre congrès… J'ai rencontré Limbour. J'ai bu avec lui 1 verre de Bourgogne ; et j'ai trouvé la réputation du Beaujolais bien surfaite. En plus le Bourgogne n'est pas si dangereux pour l'estomac. Je n'ai plus guère que mes amis et mes petits travaux d'épluchures pour tenter de faire surface. L'œuvre de Dubuffet efface l'homme qui était merveilleux. Je me disais ces jours que toi qui l'as beaucoup connu, tu devrais rédiger tes souvenirs le concernant, tu pourrais créer un portrait de Dub. qui n'existe pas ou est à peine esquissé…


1500 €


 






ARTAUD (Antonin). Portrait photographique.
Tirage d’époque, 11,6 x 8,6 cm, datée “Paris 1948, Photo Pastier”, prise par Georges Pastier qui avait fait une série de portraits d’Artaud destinés au numéro spécial de la revue K. Artaud est de face, yeux mi-clos et la cigarette aux lèvres.


2300 €


 






AUBAREDE (Gabriel d’). Lettre autographe signée à Pierre-André May.
1 p. in-8, datée 18 septembre 1924. Il soumet à l’appréciation de P.-A. May “une très petite nouvelle”, “heureux si vous pouviez l’insérer dans votre revue Intentions”.


30 €


 






AUDARD (Jean). Lettre autographe signée à André Rolland de Renéville.
1 page, format 21,4 x 13,5 cm, datée 21 janvier 1946 : “Trolliet qui va faire reparaître à Genève sa revue Présence me demande si vous pourriez lui donner pour son 1er n° (donc très rapidement) un texte - même court - sur Daumal. Le 1er n° de Présence doit contenir des textes de T.S. Eliot, Herbert Read, D. de Rougemont, Patrice de La Tour du Pin, etc. Collaboration très internationale comme vous voyez”. Il lui demande sa future collaboration pour Présences et attire son attention sur l’urgence du texte sur Daumal à rendre début février. Il doit participer à ce n° avec une “Revue des revues françaises”. “Vous serait-il possible de me prêter - pour aller rapidement - quelques revues récentes que vous recevez ?”.


100 €


 






AUDIBERTI (Jacques). 3 L.A.S. ou C.A.S. à Pierre-Louis Flouquet. + Texte autobiographique. MANUSCRIT AUTOGRAPHE.
6 pages in-4 (3 pour le manuscrit et 3 les lettres). Format 10 x 14,5 (pour la carte, portrait de Danton, Musée Carnavalet) Audiberti 10 Porte de Menilmontant Paris Xxe, pas de dates (1939-1940). P.-L. Flouquet fut, entre autres choses, le fondateur et directeur du Journal des Poètes, créé à Bruxelles en 1931. " Je reçois votre carte Vandercammen-Flouquet et je vous remercie (dans la honte de ma propre indignité aux domaines fraternels) de votre prose et affectueuse attention. Je serais des Vôtres avec grand plaisir le 21 janvier. Veuillez avoir mes bons amis, la gentillesse supplémentaire de m'indiquer la marche à suivre. Vous êtes les plus parfaits amis…" " Excellent ami, très cher poète, je vous enverrai les vers que vous avez la gentillesse de me demander. Dès maintenant, trouvez ici l'expression très cordiale de ma fidèle et reconnaissante attention. De cœur avec vous. N.B. Hélas... on n'a que du cœur à donner… Maigre est le cœur des hommes gros ". " Je vous envoie un poème, dont la forme, moins tendue que celle de tous les poèmes, et même des romans en général, que j'ai déjà écrit, vous surprendra sûrement. Mais, pour vous même aussi bien que pour les lecteurs de notre Journal des Poètes, le petit texte en prose ci-joint que vous publierez s'il vous convient, pourra, et me permettre de m'en expliquer et constituer cette interview que votre bienveillance me demande… " Audiberti (Jacques) est né à Antibes dans les Alpes Maritimes, le 25 mars 1899. Il est donc un homme du dix-neuvième siècle, un homme d'avant le cinéma et les radiateurs. Ce n'est pas exactement un jeune, donc, mais si l'on veut, c'est beaucoup mieux. C'est un enfant résolument. C'est à dire que, comme poète, il se cantonne et s'assied dans ce désintéressement somnieux, ce végétativisme simplificateur qui permet, aux " nourrissons " des Muses les bien nommées, de n'être pas tout à fait, jamais, des adultes, sans qu'on sache, d'ailleurs, exactement, s'ils sont en deçà ou au-delà de l'humanité officieuse, vaillante, fabricatrice, circulatoire, processive et rudement incarnée. Le puérilisme des poètes, leur enfance, leur infance, il en résulte, pour eux, qu'ils ne sont pas toujours habiles aux jeux et aux combats de la conversation utilitaire, de la discussion pratique. Par contre, ils excellent au maniement des mots, dès qu'ils s'agit, pour ces mots, de ne servir à rien. De ne servir à rien d'immédiatement, sensiblement et civilement efficace. (…) Est-ce que le poète, représentant la figure traditionnelle du Dieu créateur a pour mission d'entretenir, au sein de l'humanité, plutôt au sommet de cette humanité, l'esprit démiurgique ? Le poète relance t'il, en un mot, et en plusieurs mots, rythmés, coupés, rimés, refaits la Création ? (…) C'est dans l'intention délirante et fidèle de prolonger et d'attiser l'élan architectural qui engendra et qui ressasse l'univers qu'Audiberti a écrit ses vers, ou il s'efforça de marier les deux principaux ordres constructifs ou perceptibles du monde ou nous sommes, à savoir l'abondance fumeuse, le bafouillage hagard d'une part, et d'autre part la régularité la plus inflexible de la métrique (…) Son roman récemment paru à la N.R.F., " Abraxas " se présente comme une pérégrination intellectuelle, une modulation du verbe pur, qui cependant implique des détails " vécus " et des tas d'ustensiles matériels et même une action odysséenne. Mais ces éléments ne valent que dans la palpitation du langage qui les décrit et les retrace… "


750 €


 






AUREL (pseudonyme de Aurélie de Faucamberge). La vie et ses rongeurs. Opinions morales et esthétiques.
P., Messein, 1934, in-12, br., 318 p., S.P., bel envoi a.s. à Pierre Varenne, avec trois lettres autographes signées jointe au même, datées de la même année, 7 pages in-8.


50 €


 






BALLARD (Jean). 7 lettres autographes signées ou L.S. et 1 L.S. de Renée Louys à André Rolland de Renéville.
11 pages in-8 ou in-4, toutes à en-tête des Cahiers du Sud, Marseille, janvier 1930 - 24 septembre 1953. env. cons. Très intéressante correspondance amicale et littéraire, fourmillant d'informations. Renéville dès la fin des années 20 devint un collaborateur régulier des Cahiers du Sud dont Ballard prit la direction en 1930. " …Ah ! chose qui va t'intéresser, je viens de recevoir une étude de Fluchère sur "Le Pouvoir Poétique du Mot" où il est question de toi à chaque page, souvent pour te chamailler car le point de vue de Fluchère est un peu celui de Caillois, mais de toute façon c'est une mise au point qui ne peut que mettre en valeur ton dernier ouvrage… " Il le remercie de son texte sur René DAUMAL. " …tu as touché juste. J'aime beaucoup tes pages. Tu les as voulu sobres et vraies et tu es resté dans l'accent de la personnalité de Daumal qui était de se refuser à tout vain éclat. Tu as parlé surtout de son accomplissement et c'était la chose importante. Je savais que tu découvrirais l'essentiel et que tu es celui qui le dirait le mieux… Rolland de Renéville est intervenu auprès de Léautaud pour obtenir quelque chose pour les Cahiers du Sud mais devant la multitude de ces textes, Ballard décide d'attendre : " …d'autant qu'il faut songer avec Léautaud aux surprises possibles. Imagine qu'on m'ait envoyé aux Cahiers de Sud les méchancetés - souvent spirituelles -dont il a gratifié des amitiés taboues ici. Je serais bien embêté". Il aurait fallu qu'un ami sûr put se pencher sur l'épaule de Léautaud et lui râfler au passage des textes à notre convenance. Mais avec un tel cerbère cela me parait difficile".


250 €


 






BARBARA (Charles). Lettre autographe signée à Jean Morel.
1 page in-8 sur double feuillet, 13 juin 1858. Rare lettre de l’auteur de L’Assassinat du Pont-Rouge. Ce roman fut publié pour la première fois dans la Revue de Paris en 1855 (en volume la même année chez Hetzel). Barbara y avait introduit, anonyme, le sonnet de Baudelaire : “Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire...” Jean Morel était le directeur de la Revue Française. “Sans une sorte de grippe qui m’accable depuis huit jours, j’aurai été déjà vous voir. Vous m’occupez en ce moment à peu près exclusivement. Je suis en train de vous forger une chaude (ébauche ?) nouvelle pour la Revue. Votre dernier article me fait penser que vous traiterez le Pont rouge avec bienveillance et je vous en remercie tout de suite...”


500 €


 






BARBEY (Bernard). 2 cartes autographes signées à Pierre-André May.
2 p. in-12, 6 novembre [1924]-21 janvier [1925]. Il remercie P.-A. May de ces lignes où je lis tant de juste compréhension de mon Cœur gros [paru en 1924]. Je voudrais que tous les critiques et les lecteurs accueillent comme vous ce petit livre de confidence pudique… Il le félicite pour le n° de septembre-octobre et lui enverra avec plaisir un texte pour Intentions, mais il a besoin de temps car il travaille lentement.


50 €


 






BASTIDE (François-Régis). L.A.S. à Robert Carlier.
1 p. in-4, 24 novembre 1955. Lettre de recommandations pour une amie à un poste “pour lequel elle se sent des ailes” (...) Si vous donnez suite, je crois qu’il faudrait ne pas trop tarder, car elle est obligée de se décider vite entre une nouvelle orientation, la vôtre, et la continuation à un degré supérieur, de ses actuelles activités, des plus ennuyeuses...”


30 €


 






BATAILLE (Georges). L.A.S. à sa cousine Marie-Louise.
2 p. in-4, Issy-les-Moulineaux, 9, rue Claude Matrat, s. d. [16 août 1934], à l’encre noire. Très belle lettre inédite, à lire entre les lignes… Bataille inquiet jusqu’à l’angoisse est sans nouvelles de Colette Peignot, Laure, avec qui il est intimement lié depuis peu. Elle est entrée dans une maison de santé dix jours auparavant… …Ne crois pas à une méfiance de ma part mais il y a des choses qu’il est difficile de dire par lettre. Ne sois pas angoissée, en tous cas, pour mon avenir matériel qui n’est en rien compromis et qui s’annonce plutôt bien que mal : je suppose qu’en ce moment beaucoup de gens pourraient m’envier. Mais il est arrivé que depuis quelques semaines j ’ai dû lutter avec le sort dans des conditions atroces et imprévues, si tu veux avec la mort suspendue sur la tête. Tu me connais bien et tu sais à l’avance de quel genre d’aventure il pouvait être question, mais jamais dans ma vie cela n’avait encore tourné à tel point au drame. Tu connais pourtant ma vie… Maintenant tout est apaisé sinon clairement résolu mais il reste que pendant plusieurs semaines j ’ai été amené à négliger tout : je prévoyais ce qui allait arriver mais je ne pouvais pas écrire parce que pendant très longtemps il m’a été impossible de prévoir où je serai le lendemain. Suivent trois lignes biffées mais lisibles : il est question de la visite de Victor (son cousin, frère de Marie-Louise) et d’un aller-retour effectué à Privas (où vivait son ami et analyste le docteur Adrien Borel qui recevait également en cure Colette Peignot). Il a des problèmes d’argent et doit demander une avance au notaire de la famille, … je suis acculé à payer mon loyer échu le 15 juillet qui se monte à 2850 francs (il y a là-dessus la part que paie ma belle-sœur que j ’ai malheureusement dépensé et électricité et gaz, ici, tombent avec le loyer) (…) Quant à l’avenir, Sylvia, qui reste pour moi l’amie la plus humaine et la plus dévouée, vient justement d’être engagée pour tourner dans des conditions brillantes (500 fr. par jour) et ainsi dans peu de temps tout s’arrangera (j ’ai reçu sa lettre m’annonçant cette nouvelle en même temps que la tienne). (…) Excuse-moi des ennuis que je vous donne. Je termine cette lettre quelque peu épuisé par une nuit de voyage et par une fatigue morale extrême… Voir G.B., Choix de lettres, lettre à Sylvia datée du même jour, pp. 90-91.


2000 €


 






BATAILLE (Georges). L.A.S. à un ami.
“je serai chaque jour au bureau de 5 à 7” La mise en route d’une machine de guerre... 2 pages in-8 assez denses, " mercredi soir " [et d'une autre main : 20 février 1929]. Très intéressante lettre évoquant la mise en route de la revue Documents dont Carl Einstein sera officiellement directeur tandis que Georges Bataille secrétaire général, mais très vite ce dernier en assurera la totale direction. "Après avoir vu longuement Einstein cet après-midi, je crois pouvoir affirmer que le malentendu est complètement dissipé [...]. J'ai mis Einstein au courant de la marche du travail chez nos différents fournisseurs et il a pu constater que les choses étaient aussi avancées qu'il était possible. Il y a déjà une cinquantaine de clichés sortis, satisfaisants à de très rares exceptions près (un seul à refaire) et tous les articles reçus (Ant. Allendy, Contenau, Schaefner, Leiris, Babelon, Bataille) sont depuis hier à la composition. Des relevés ont été établis très régulièrement, de façon qu'Einstein ou vous-même puissiez être immédiatement au courant. D'autre part, il n'y a plus désormais que peu de démarches à faire au dehors et il est devenu possible de travailler à peu près exclusivement au bureau, si bien que la régularité, après quelques difficultés peut être maintenant assurée. Nous avons entendu ainsi avec Einstein que je serai chaque jour au bureau de 5 à 7. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu, je crois, de changer quoi que ce soit aux principes de la revue. Einstein envisage seulement maintenant comme pouvant être utile une collaboration provisoire de Doret qui me permettra de m'occuper plus activement de la rédaction et de la propagande. Doret pourra mettre Limbour au courant, ce qui me serait difficile puisque je suis obligé de préparer les clichés chez moi pour l'instant. J'ai eu en outre la satisfaction de constater, après une courte explication, que nous étions entièrement d'accord au point de vue intellectuel au sujet de la revue et vous pouvez surtout compter que je saurai éviter désormais tout incident, dussé-je y mettre une extrême bonne volonté (souligné). Cela ne me sera plus (pas) difficile puisque (mot rayé) : la revue est évidemment telle que je la souhaitais et le travail avance sérieusement..." ela ne me sera plus (pas) difficile puisque (mot rayé) : la revue est évidemment telle que je la souhaitais et le travail avance sérieusement...»


850 €


 






BATAILLE (Georges). 4 lettres autographes signées à sa cousine Marie-Louise.
Sans lieu ni date [Madrid ou Séville, février - mai 1922], 26 p. in-8 ou in-4 à l'encre noire ou bleue. Importante correspondance de Bataille avec sa cousine Marie-Louise qui sera jusqu'en 1924-1925 sa plus proche confidente. Sorti second de l'École des Chartres en février 1922, Bataille part pour un séjour en Espagne, à l'École des Hautes Études Hispaniques (l'actuelle Casa de Velázquez) en mission scientifique (l'étude des manuscrits français du Moyen-Âge conservés dans les bibliothèques d'Espagne). Les trois premières de ces lettres ont servi à Michel Surya pour l'établissement de sa biographie de Bataille (La mort à l'œuvre, Gallimard, 1992). La dernière est complètement inédite. Écrite de Séville, très certainement en état d'ivresse, elle n'est pas sans faire songer dans son contenu à certains épisodes d'Histoire de l'œil, le plus fameux des textes érotiques que Bataille écrira quelques années plus tard, texte autobiographique, ne l'oublions pas, ou plutôt en partie imaginaire. ? Ma chère Marie-Louise, il est à présent certain que je suis à Madrid et non comme tu pourrais le penser ou dans l'enthousiasme ou dans la désolation mais dans cet état mixte qui est caractérisé par le fait qu'il ne comporte ni enthousiasme ni désolation… Ma mission scientifique est en bonne voie parce que, merveille, je découvre une science nouvelle et véritable ce qui est digne de réjouissances, digne de félicitations. La plupart des pauvres gens rêvent d'une façon dépourvue du caractère scientifique et de la méthode, ce qui est à proprement parler une calamité générale. Il y a des méthodes pour aspirer la fumée du tabac et de l'opium pour humer la saveur des vieux vins et des cafés étranges et il n'y en avait pas pour s'imprégner profondément d'une rêverie. Il n'y en avait pas pour imaginer des baisers brûlants ou des crépuscules parfumés tout en regardant des figures pas plus expressives qu'un pot allemand de bière ou une cravate à dix-neuf sous. C'est pourquoi j 'invente patiemment une méthode à me faire rêver dans les plus humbles circonstances… ? Ma bien chère Marie-Louise (…) En effet j 'ai passé ces jours ci les plus mauvais que j 'ai encore eu en Espagne (…) Il ne faut pas trop m'en vouloir d'avoir eu contre toi une irritation très passagère. Je ne veux pas t'en reparler. Je suis seulement obligé de te rappeler qu'en particulier le 23 août 1920 j 'étais on ne peut plus, préoccupé d'aller en Orient, qu'à cette époque le goût des voyages était si déterminé en moi que je sollicitai un mois plus tard un poste de professeur en Amérique… Ta dernière lettre a été pour moi une grande consolation. Je souffrais beaucoup de ce qui était arrivé entre nous. J 'ai été en particulier fort heureux de lire que tu avais enfin un peu d'amitié pour mademoiselle Renié (…) elle est la Béatrice des choses de la terre, des voyages à travers de très véridiques pays, qui tous donnent à son imagination une passion amoureuse très émouvante. Aussi bien je ne veux plus la considérer comme une créature toute réelle (…) Ainsi mademoiselle Renié me donne une intéressante occasion d'analyser ma préoccupation habituelle, et même presque toute mon activité… ? Ma chère Marie-Louise, Tu t'es méprise en croyant que je n'étais que la victime d'un mirage. Étant à Madrid pour faire de l'eau et non pour demeurer à Madrid, je commence à pressentir une Espagne pleine de violence et de somptuosité ce qui est un fort agréable pressentiment… Voici une recette de rêve : 1° prenez une cigarette de moyenne grandeur et de tabac tout à fait blond 2° prenez un visage absolument inexpressif de la nature de celui des personnages dormants. 3° S'enorgueillir Le rêve commence alors comme un ruisseau qui coule dans une nuit de lune. (…) La seule chose qui soit sérieuse dans notre bonne petite existence est de s'agiter. Je serai personnellement heureux lorsque j 'aurai porté cette agitation un peu loin. Le Thibet me semble en être le terme convenable à cause de la difficulté, du froid, de l'altitude et de la polyandrie. Apprends en effet que les belles Tibétaines ont à la fois plusieurs époux. Quelle ne serait pas la gloire du voyageur qui allant vivre dans cet agréable pays en rapporterait des habitudes aussi courtoises… J 'ai commencé à écrire un roman et chose curieuse à peu près dans le style de Marcel Proust. Je ne vois plus bien le moyen d'écrire autrement (…) J 'ai vu une danseuse du pays qui semblait être une panthère d'un corps maigre et petit, nerveux et violent. Un petit animal de cette race me semble propre à mettre le feu dans un lit d'une façon plus ravageante que n'importe quelle autre créature… ? Par procuration à Marie-Louise Bataille Je suis bien là où je suis. Et quand à toutes ces gamines en goguette présente leur mes déclarations les plus tendres et mes baisers les plus rosses. Si l'une d'entre elles veut bien me rejoindre à Séville je l'attends à l'Hôtel du Lion d'Or. Dis-lui qu'elle ne s'ennuiera pas (…) On verra aussi des courses de taureaux, des cuadros flamencos, etc. Elle aurait tort de ne pas venir. Dis-lui que vraiment je suis très ému de ce qu'elle m'écrit (…) qu'elle m'envoie une boucle de ses cheveux et qu'elle me couse un beau pierrot de velours noir avec une collerette et des boutons jaune d'œuf. Je ne te crois pas quand tu me traites de fat car je ne l'ai jamais été ni quand tu prétends que vous étiez toutes grises car je ne t'ai jamais vu boire assez quand je n'étais pas là pour te lever le coude. Il fait un soleil, si tu savais, oh la la quel soleil ! Ça me donne du plaisir comme si je buvais du lait, tout ce qu'il y a de plus éblouissant. Aussi j 'ai un nez d'un rouge étonnant et on dit que c'est parce que je bois trop, et ça n'est pas vrai c'est le soleil. Mais ici tout le monde me calomnie et on m'accuse des pires choses sans qu'aucune [ne] m'ait jamais permis de les réaliser. C'est dégoûtant. Et je me donne un mal. Des surprises party, des soirées en goguette dans la campagne, toutes les visites, toutes les intrigues qu'on peut rêver, mais j 'ai beau m'ingénier, je suis veuf. Aussi elle serait pas mal accueillie celle qui viendrait à l'hôtel du lion d'or, à Séville. J 'embrasse tout le monde très généreusement.


15000 €


 






BATTISTINI (Yves). L'Avant-plaisir. POÈME AUTOGRAPHE SIGNÉ
1 page, datée septembre 1946, in-8 sur papier ligné. Je te déchire / Alluvion de l'été / Je hale ta grappe sur les cuisses douces de l'amante / à qui déjà le bol de l'aube a versé sa gerçure de plaisir (…) Le poème est dédié à Noël Arnaud, planteur d'aloès.


150 €


 






BAZAINE (Jean). Guerres et Evasions. Masques corporatifs. Clarté de Matisse. TROIS TAPUSCRITS. A propos de " Masques corporatifs ". MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ.
Bel ensemble autour d'un projet de réédition augmentée de son Notes sur la peinture. Les trois textes devant y prendre place. - Guerres et Evasions : tapuscrit de 8 pages avec des corrections et signé par Bazaine, texte paru dans la N.R.F. du 1er avril 1941. - Masques corporatifs : tapuscrit de 5 pages signé par Bazaine. Texte paru dans la N.R.F. du 1er décembre 1941. - Clarté de Matisse : polycopié de 4 pages, avec des ratures. Titre, date (mai 1952) et corrections manuscrites. - " A propos de " Masques corporatifs " : 2 pages manuscrites signées. Ces pages apportant de très intéressantes précisions sur les circonstances de la composition de l'article et de sa publication en 1941. Il dénonçait le projet de l'occupant de créer un " Ordre national des Arts graphiques et plastiques " destiné à réguler des organismes comme " l'Entraide des artistes ". Celui-ci était chargé de distribuer aux artistes leur matériel de travail, " nous avions pris l'habitude d'inscrire tous les hommes en difficulté : il n'y eut jamais tant d'" artistes " à Paris. Les allemands finirent par s'en apercevoir, de là ce projet de corporation. Leur erreur fut d'en offrir à Maurice Denis - très authentique résistant - la présidence. J'étais lié, à l'époque, avec son gendre, le poète Jean Follain, qui me fit part du projet, et, naturellement, de l'intention de son beau-père de refuser cette présidence. Mais il fallait aller vite, pour faire avorter cette tentative au départ (…), et je demandais à Follain de me confier le texte pour prendre le risque de le publier. Je l'envoyais, avec les commentaires qu'on a pu lire, à la N.R.F., où il parut : je n'ai jamais su si Drieu négligea de lire l'article, ou ferma les yeux… " Joint une doucereuse L.S. datée du 6 décembre 1985 des éditions du Seuil annonçant qu'il n'y aura pas de réimpression de Notes sur la peinture. Et une feuille au crayon de papier indiquant l'itinéraire pour se rendre chez Bazaine à Clamart.


250 €


 






BEALU (Marcel). Lettre autographe signée à Madame De Coninck.
Paris, le 7 janvier 1963, 1 p. in-4. Il rédige sa bibliographie pour le Poète d'Aujourd'hui qui lui sera consacré chez Seghers "je dois absolument savoir si notre livre D'où part le regard paraîtra bientôt, pour le mentionner dans cette nomenclature..."


30 €


 






BECKER (Lucien). L.A.S. à Paul ÉLUARD.
2 pages, non datée (1947), format 18,5 × 13,5. Belle lettre. Il remercie Éluard de lui avoir adressé son anthologie (Le Meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi). …et le choix que vous avez opéré des œuvres de nos plus grands poètes m'a paru le plus valable et le plus sûr de tous ceux qui ont été faits à ce jour, dans ce domaine. Il lui envoie un exemplaire d'un manuscrit de poèmes qu'il réserve à ses amis, c'est la meilleure façon pour moi de vous prouver la sincère et profonde admiration que j'ai pour vous, admiration qui date du jour lointain (1930) où Louis Parrot me prêtait Capitale de la douleur. J'avais tous vos livres, malheureusement ils m'ont été volés au cours de l'occupation. J'aimerai beaucoup vous faire parvenir ceux que j'ai pu acheter depuis pour que vous me les dédicaciez ? Est-ce possible ? En tout cas, cela me causerait le plus grand des plaisirs.


200 €


 






BECKETT (Samuel). 6 L.A.S. ou C.A.S. au comédien Georges Adet + 4 L.A.S. ou C.A.S. de Suzanne Beckett au même et à sa femme. Soit un ensemble de 10 lettres sur 12 pages.
6 pages de différents formats, datés de Paris et Ussy sur-Marne, 15 avril 1957 - 19 novembre 1965. Toutes les env. cons. (Sam Beckett) + 6 pages, 4 juin - 22 décembre 1959. Env. cons. (Suzanne) Dechevaux-Dumesnil rencontre Samuel Beckett en 1938 et l'épousera en 1961. Ces 4 courriers sont signés S. et S. Beckett. Belle correspondance toute en sobriété, amicale et affectionnée. Georges Anet jouait Nagg dans Fin de partie dans la mise en scène de Roger Blin. Fin de Partie écrite en français puis traduite en anglais par Beckett (Endgame) est jouée pour la première fois le 1er avril 1957, au Royal Court Theatre de Londres puis au Studio des Champs-Elysées à Paris. 15 avril 1957, env. cons. "Je reçois à l'instant votre lettre. Nous sommes après Londres à la campagne et comptons y rester encore un petit moment. Merci de votre gentille invitation, ce sera pour plus tard avec joie. Nous nous verrons probablement la semaine prochaine. J'ai téléphoné à Madame Adet en arrivant à Paris, mais à une heure sans doute pas assez matinale car ça ne répondait pas. Je vous prie de lui présenter mes hommages. Bien amicalement de nous deux et à bientôt.". 9 mai 1957, env. cons. "Nous quittons Paris demain et ne sommes de retour que vers le milieu de la semaine prochaine. Nous ne pourrons donc, à notre grand regret, avoir le plaisir de diner chez vous lundi prochain. Ce sera si vous voulez bien pour un autre lundi, bientôt j'espère. Félicitations de votre grand succès dans Fin de partie. Tout le monde parle de vous. Bien amicalement de nous deux à madame Adet et à vous-même". 2 avril 1960, env. cons. "Cher ami merci de votre gentille lettre. Je suis très content que cette pièce vous ait plu. A la campagne jusqu'à la fin de la semaine prochaine. Je vous ferai signe à ce moment-là Ce sera bon de vous revoir. Bien amicalement de nous deux." 10 mai 1961, env. cons. "Cher ami j'y pense après votre coup de téléphone, avez-vous besoin d'un coup de main cette fois ? Je n'ose rien faire sans votre accord. Un simple oui sur une carte postale et j'oserai. Amitiés à vous deux de nous deux." 15 mai 1961, env. cons. "Chers amis merci de votre lettre. Je suis heureux de pouvoir vous donner ce petit coup de main. Courage. Amitiés." 19 novembre 1961. "Chers amis merci de tout cœur de votre gentille lettre. Nous vous envoyons nos pensées affectueuses." Les lettres de 1959 de Suzanne Beckett à Mme Adet lui sont adressées tandis que son mari est soigné d'une tuberculose au sanatorium de Bligny. Suzanne Dechevaux-Dumesnil rencontre Samuel Beckett en 1938 et l'épousera en 1961. Les 4 courriers sont signés S. et S. Beckett. 5 juin 1959, env. cons. "Chère madame. J'ai essayé deux ou trois fois de vous téléphoner. Je voulais savoir comment vous alliez. Je suppose que malgré votre courage vous devez vous sentir quelquefois désemparée sans doute. Enfin une bonne partie et sans doute la plus lourde, est passée. On vous envoie ce petit (...) avec ma lettre, bien ridicule, pour que vous vous offriez le cinéma un jour de cafard en pensant que deux de vos amis voudraient faire bien davantage pour vous en ce moment." 10 septembre 1959. Carte à Monsieur Adet Sanatorium de Bligny. "Chers amis. Nous avons été bien contents de voir que l'appareil avait pu surprendre un petit sourire radieux de vous deux. Merci d'avoir pensé à nous envoyer cette gentille photo. (...) bien sûr qu'on s'embrasse, et pourquoi pas ? 2 octobre 1959, env. cons. "Voilà un petit morceau de truc machin chose qui vous apportera les pensées de Roger Blin Jean Marais et nous deux qui avons parlé de vous deux hier au soir autour de quatre verres." 22 décembre 1959, env. cons. "Chers amis. Nous sommes honteux de ne pas vous avoir encore répondu. Il faut que ce soit bientôt la période des vœux pour qu'on prenne la plume alors qu'on ne s'en croyait plus capable et qu'on dise à nos amis que nous espérons que l'année prochaine sera autrement merveilleux que cette année qui ne fut pas brillante mais qui aurait pu être pire. On n'ose pas vous donner un petit rendez-vous à Paris. Nous sommes souvent à Ussy et quand on va à Paris c'est en coup de vent. Mais dès que ce sera possible nous n'y manquerons pas. Passez bien les fêtes, de cœur avec vous." Joint 5 coupures de presse concernant En attendant Godot, Oh les beaux jours, l'exposition Beckett en 1971 à l'université de Reading (Royaume uni), et Beckett est joué aussi en javanais (c'est le titre de l'article).


3500 €


 






BECKETT (Samuel). Lettre signée [à Alain Trutat].
1 page (27 x 21), Paris, 5 mars 1961. Il est question de la pièce radiophonique Cendres. (En février 1959, Beckett envoie cette pièce au département théâtre de la BBC. Elle sera sélectionnée par le jury de la RAI pour le prix Italia). “Je regrette que nous n’ayons pu nous rencontrer ces temps-ci, pour reparler de CENDRES. Mon absence s’est prolongée au-delà de ce que j’avais prévu. Je vous écris aujourd’hui pour vous confirmer, sans plus attendre, ce que je vous avais dit lors de notre dernier entretien, à savoir que je tiens essentiellement à ce que le rôle d’Henry soit joué par Roger Blin. Pour le rôle du professeur de musique, Jean Martin me semble tout indiqué...” “Il paraît que Monsieur Jean Nocher m’a insulté au micro de la RTF. C’est une petite satisfaction”. On joint le double sur papier jaune.


500 €


 






BECKETT (Samuel). 1 L.A.S. et 1 L.S. à Robert Carlier.
2 p. in-8, Paris, 30 novembre — 22 mars 1951. Robert Carlier présenta Beckett, qui cherchait un nouvel éditeur, après l’échec de son roman Murphy publié chez Bordas, à Jérôme Lindon des éditions de Minuit, dont il était très proche… “Si vous n’avez pas encore votre exemplaire de Malone, c’est que depuis 10 jours je pense vous l’apporter et que depuis 10 jours je suis souffrant. Si ça traîne encore je vous l’enverrai, mais je tiens beaucoup à vous le remettre en mains propres avec la poignée de main de l’amitié et de la reconnaissance…” “Je pense que vous aurez reçu votre exemplaire de Molloy. J ’aurais voulu vous l’apporter moi-même et vous remercier encore de vive voix de ce que vous avez fait pour moi, mais j ’ai été trop fatigué pour affronter le trajet à pied”. Il part à la campagne mais se promet à son retour de passer lui serrer la main.


1500 €


 






BELLMER (Hans). Lettre autographe signée à Joë BOUSQUET.
4 pages in-8 sur papier ligné. "chez Mr Brun", Revel, [21 juillet 1945], env. cons. "Ce qui est navrant c'est que toutes mes affaires sont maintenant à la merci de ma "femme", qui vole et moucharde tout ce qui est à sa portée. Cette madame "Bellmer" née Sutter - depuis que je suis là - se présente sous les couleurs que je connais maintenant depuis trois ans jusqu'au dégoût. - C'est à désespérer parce que j'aime mes deux petites filles et elles tiennent à moi d'une façon émouvante" (...) Je n'ai, bien sûr, aucune réponse de Ginette. Elle vous écrira certainement. Aurez-vous l'amitié de m'excuser auprès d'elle, - de lui expliquer - en un mot de lui dire que je serais heureux si elle voulait me faire signe - aimablement ? -Qu'il est difficile de vivre !" Il revient à sa femme : "Je paye dur mon aveuglement d'avoir épousé ce grossier gendarme. Et, encore, d'avoir donné la vie, à travers ce flic imbécile et roublard à la fois, à deux pauvres petites filles. Oui, je vais à Toulouse. La fille de Sylvio Trentin et son mari insiste auprès de moi que j'habite chez eux et que je mange avec eux - oui, étant sans le sou - cela m'arrange. Si j'arrive à gagner un peu d'argent à Toulouse je rentre alors à Castres pour essayer de mettre au point tout ce qu'il faut pour l'édition des "Jeux de la Poupée", et de "l'Anatomie". D'ailleurs ; quelle veine : Zervos a lâché les 2 dessins et deux grandes photos !! (à Parisot). C'est que j'avais demandé à Eluard de lui envoyer un mot encourageant ! L'image que j'ai dans la tête, l'image "Ginette", a pris des proportions terribles. Comme si c'était mon salut. Disons en bons pessimistes que j'aurai la belle déception, ce qui d'ailleurs serait tout à fait "en règle", ma manière théorique étant donnée de construire un espoir, une imagination de toutes pièces, comme un imbécile construisant une poupée. A propos "poupée" : ma petite Doriane est folle d'enthousiasme devant les grandes photos de Poupée et tout le reste : Dés son réveil même elle montre les choses en couleurs : poupou - bras - oh - oh - beau - poupou - oh !" Il est ensuite question d'un déménagement de ses affaires à mettre hors de portée du " gendarme ", de démarches concernant sa mère… (" C'est pour moi d'une importance désespérée)… " Il le remercie pour le bien que lui procure de passer chez lui… " Souvent, en plus, vous me faites des cadeaux ! J'en suis terriblement heureux, comme un enfant. Depuis que j'ai quitté ma mère, personne ne me faisait des cadeaux " (…) Ne m'oubliez pas ! Je ne reste pas longtemps à Toulouse. 6 En rentrant je passerai par Revel. 6 Ensuite je travaillerai : Mise au point des " Jeux d. l. Poupée " - Les lettres d'amour pour l' " anatomie " (Si Ginette ne réponds pas, je publierai les " lettres " dans une revue (4 Vents par ex.) pour provoquer des réponses. - Parallèlement je vous demanderai les suites de la " justification de la Sodomie " les textes sur mes dessins, sur la " Poupou " etc. "


2500 €


 






BETTENCOURT (Pierre). Le Dialogue interrompu.
Sint-Pieters-Kapelle, Lettera Amorosa, 1973, in-12, en ff., couv. rempl., 64 p. Edition originale. EXEMPLAIRE UNIQUE. N° 1 des 22 ex. de tête sur vélin d’Arches, celui-ci comprend 4 dessins érotiques originaux aux feutres de couleurs signés ou monogrammés par Pierre Bettencourt et insérés dans un emboîtage-présentoir toilé brun et dans un 2eme étui-chemise toilée brun : - 18 pages manuscrites (fomat 21 x 15 cm) et 4 pages manuscrites (format 21 x 29,7 c). - Le tapuscrit complet, format 22 x 25 cm, broché, couv. brune, 44 pages avec ajouts, placards et bandelettes de papier contrecollés et corrections autographes de Bettencourt, paraphé en début de volume P.B. Stigny 89160 Ancy-Le-Franc. - 22 pages d’épreuves imprimées avec des corrections autographes de Bettencourt.


4500 €


 






BETTENCOURT (Pierre). Voyage sur la planète inommé. Tapuscrit avec corrections autographes, complet.
116 pages 21 × 15, en feuilles, couv. grise avec étiquette manuscrite. Tapuscrit complet avec nombreux ajouts, placards et bandelettes de papier contrecollés, et corrections autographes de la main de Pierre Bettencourt. Comprend : Note liminaire, Premier voyage : La Planète Innommée, Deuxième voyage : Les Nonnes grises, Troisième voyage : Séjour chez les Cortinaires - Un été chez les Spongieuses. Le texte complet des trois voyages a été publié en 1990 sous ce titre : Voyage sur la planète innommée avec des illustrations de Dado. Le Séjour chez les Cortinaires et Les Nonnes grises furent publiés en 1983 respectivement chez Lettres Vives et aux éditions Brandes. Nous joignons un exemplaire de l’édition à l’Imprimerie Nationale (1990, grand in-4 (30 cm x 39,5), cartonnage noir de l'éditeur, titre en lettres dorées, jaquette illustrée en couleurs, 106 p. 1/2000 ex. num. sur vélin. Illustrations hors texte en couleurs de DADO).


3000 €


 






BLANCHARD (Maurice). Le Festin du pauvre.
Poème manuscrit autographe de 1 page 1/4 27 x 21 cm sur papier quadrillé, paru dans Réalités Secrètes n° 3, en 1956. “L’affamé, avide et transparent, digère les couleurs. Les sons se hâtent et marchent sur les eaux, et voici le Soleil encore un coup immobile pour des siècles...”


300 €


 






BLANCHARD (Maurice). Tableaux d’une exposition.
Manuscrit d’une page, recto, 21 x 13,5 cm. Texte à propos d’une exposition de tableaux de Bona de Mandiargues, daté (7) février 1955. “Nous qui sommes encore, pour un instant, parmi les vivants, nous qui deviendrons une bouillie étrange et informe, allons voir les paysages imputrescibles de Bona, “Sylphe parmi les bocages d’Arnheim” (...) Et, derrière la vitre, bona vêtue de noir, bona silencieuse est profondément étonnée : elle semble craindre la puissance des objets, tant sont dangereuses ces sortes de révélations”. Ce poème fut publié dans Débuter après la mort aux édtions Plasma.


300 €


 






BLANCHARD (Maurice). Cante Jondo.
Manuscrit d’une page, recto, 27 x 21 cm. “La vie tremblante sous le glaive de la loi. Ho ho! Ho ho! La loi qu’est-ce que c’est ça, la loi ? La loi et son glaive ! Le glaive de la loi ? Hoho ! Hoho ! ça, un glaive ? non une lame rouillée pour égorger les innocents”, etc. Poème de 1955-56 édité aux éditions Plasma en 1977 dans Débuter après la mort.


500 €


 






BLANCHARD (Maurice). Note de protestation contre l'action du vent et des vagues. MANUSCRIT AUTOGRAPHE.
4 pages, 21 × 13,4 cm. Le poème, composé de 5 parties, débute ainsi : L'origine et non la fin, ce vice absolu. Et encore faudrait-il tenir compte des percements d'isthmes et de la fonte prématurée des neiges… Et se termine : Et me voici encore un coup ramené dans ce pays de la mort préméditée, dans ce pays de la soif et des matins sans rosée où toutes les fleurs sont forcément folles. Ce poème a paru en 1957 dans la revue Les Lettres Nouvelles n° 55.


1000 €


 






BLANCHOT (Maurice). ANTELME (Robert), DES FORETS (Louis-René), DURAS (Marguerite), BOUNOURE (Vincent), etc. (Mai 1968). Comité d'Action Etudiants-Ecrivains. 9 L.S. au Directeur Général de l'O.R.T.F.
9 p. in-4, toutes sont datées à Paris, du 23 mai 1968. Documents comportant tous le même texte, appel au boycott de l’O.R.T.F. Durant les évènements de mai 68, l’O.R.T.F. est sous contrôle et reste à distance. Les évènements qui ont débuté le 22 mars à l’Université de Nanterre, gagné le quartier latin, puis le monde ouvrier, et bientôt l’ensemble de la société font l’objet d’une communication partielle et instrumentalisée. L ’O.R.T.F. est accusé par le public de mensonge, de partialité, de collusion avec le pouvoir et la police. À partir du 13 mai son personnel, qui est nombreux, se met en grève. “Monsieur le Directeur Général, Je tiens à vous faire savoir que je m’associe à l’appel du Comité d’Action Étudiants-Écrivains, dont vous avez eu connaissance. En conséquence, exerçant mon droit moral, j ’interdis toute utilisation de mes paroles, de mes écrits, et de mon nom à l’O.R.T.F.” Conçues comme des lettres individuelles, elles portent les signatures autographes de Robert ANTELME, Maurice BLANCHOT, Louis-René DES FORETS, Marguerite DURAS, D. MOREAU, Hugues AUTEXIER, Vincent BOUNOURE, Françoise D’EAUBONNE, François BOTT. On joint le numéro de la revue Comité, dans la continuité du Mouvement. Comité no 1. Octobre 1968, 27 × 21,3, agrafé, 32 p. Unique numéro paru en octobre 1968, de cette revue du Comité d’Action étudiants-écrivains au service du Mouvement. Textes collectifs attribués principalement à Maurice Blanchot, avec des citations de Trotsky, Lénine, Orwell, Mao Tsé-toung, Baudelaire, Rosa Luxembourg, Marx, etc. Pas commun.


1500 €


 






BLOK (Alexandre). L’Inconnue.
Tapuscrit de la pièce de théâtre L’Inconnue de Blok dans la traduction de Nevoussia Sabaneeff. S.d., in-4, agrafé, sous couv. cartonnée rouge, 37 p. Cette pièce est parue aux éditions des 2 Rives. Corrections et ajouts autographes.


100 €


 






BORDEAUX (Henri). 2 cartes autographes signées à Robert Carlier.
4 pages in-12, 22 septembre et 30 octobre 1953, sur cartes de visite. Concernant une édition de romans de H. Bordeaux au Club français du Livre, Yamilé, La Chartreuse du reposoir, Sybille, etc.


50 €


 






BOUDARD (Alphonse). Carte postale autographe signée à Paul Chambrillon.
Carte postale en couleurs, un beau postérieur féminin illustrant le proverbe suivant : « Il n’est plus belle rose qui ne devienne gratte-cul ». PléneufVal-André, le 19 août 1975. “Si Mitterand nous présentait la sienne comme ça, peut-être que Jouhandeau se laisserait tenter par le socialisme à programme commun. À part ça l’eau et le soleil sont tout de mêmes bretons… Bise à la puce. Ton pote A. Boudard”.


250 €


 






BOUDARD (Pierre Michel Boudon dit Alphonse). Lettre autographe signée à [Paul Chambrillon].
2 pages, signée “M. Boudon”, format 27 X 21 cm, daté 26 janvier 1962. Une excellente lettre au sujet d’un projet d’anthologie érotique avec Chambrillon. Projet qui restera sans lendemain. La lettre est signée de son vrai nom : Michel Boudon. “J’ai déjà un petit dossier pour l’Anthologie. Des passages que j’ai relevés dans mes lectures, de taule, sana, hosto. Je vois ça, bien sûr, classique et moderne. L’interêt justement c’est que les classiques voilaient la Chose. Ils s’y prenaient de différentes façons. Pour Flaubert nous avons le fiacre de Madame Bovary. Chez Maupassant dans “Une partie de campagne”, le coït ponctué par le chant du rossignol. Une héroïne d’Anatole France se fait tringler debout contre un arbre... etc... Il faut chercher la meilleure page, la mieux amenée, la plus originale. Chez les Modernes, c’est du gâteau. Ils en rajoutent. Oui, j’ai un truc de Nimier dans “Les enfants tristes”. Tout cela est chez moi et comme Gisèle vient de s’installer à l’Haÿ-les-proses (sic), il faudra que je fouille mes paperasses lorsque je monterais en perme. (fin mars, début avril). En attendant cherche de ton côté. On peut signer le truc ensemble, mais ça va peut-être me créer des difficultés chez Plon. J’ai un contrat pour trois bouquins, plus l’obligation de leur donner les trois suivants en priorité. Tu connais la sauce. Pour l’instant je fignole “les Cloportes” qui doivent sortir en Mai et je continue “La Cerise”, ça me fait pas mal de boulot sur la planche. Dictionnaire de la Chose ?... non, ça nous mène trop loin, on n’y arriverait pas. L’anthologie demande surtout un travail de recherche et qques pages de présentation (introduction, ici le mot s’impose). tu te charges de ça et je continue à piquer à droite à gauche dans mes lectures (1). J’ai déjà (de mémoire) Stendhal, Flaubert, Zola, Maupassant, Dostoievski, Laclos, Montherlant, Tolstoï, Marcel Aymé, Giono, Céline, Cendrars, A. France, Daudet, Vallès, Drieu, Nimier, Simenon, Paraz, Mauriac, Fantômas, etc... Tu as une bibliothèque à ta pogne pour chercher les autres. On fera un tri. Tout est là. Avec les hommages du voyou à la dame et la bise au greffier. Bien ton pote. M. Boudon (1) Tu introduis et je pique, chacun son vice.


750 €


 






BOULANGER (Daniel). 2 L.A.S. à Georges Hugnet.
3 p. in-8. St Aubin, 20 aout 1958 - 26 déc. 1959., enveloppes cons. Lettres amicales (et spirituelles).


60 €


 






BOUSQUET (Joe). Portrait photographique de Bousquet en buste de trois quarts.
Belle photographie originale en tirage d’époque, (13 x 8 cm), timbre sec du photographe : F. Bernon 12 rue de la Gare Carcassonne. Sous verre, l’encadrement portant au dos une étiquette a été effectué également à Carcassonne (A. Ratto).


750 €


 






BRACH (Paul). Lettre autographe signée à Pierre-André May.
1 pneumatique non daté [1922]. Il lui demande de ne pas publier “la note que notre ami [au crayon Jacques de Maleyssie] a composé sur Gérard. Je crois que cette petite plaisanterie dépassant l’auditoire d’une chambre sympathique d’hôtel ferait fort mauvais effet dans votre revue”. Intentions n° 10, déc. 1922, texte de Jacques de Maleyssie : Acomptes. Intentions n° 11, janvier 1923 : Gérard et son témoin par Paul Brach.


30 €


 






BRION (Marcel). Lettre autographe signée à Robert Carlier.
2 pages in-4, Paris, sans date (1949). Longue lettre au sujet de publications à l'occasion du bi-centenaire de la naissance de Goethe. Il envoie les pages sur le Faust de Jacobsen… Vous voyez si je suis ponctuel. Il n'a pas encore prêtes les notes sur l'histoire de l'art, c'est que la mise en forme de toutes les idées est très longue et très difficile… Suite au manque d'intérêt ou de la défection des éditeurs il se trouve avec quelques beaux manuscrits sur les bras… ce qui me gène beaucoup pour les amis qui me les avaient confiés. D'autre part, les Éditions de la Colombe, en grosses difficultés elles aussi, ne peuvent sortir en temps voulu le volume des " plus belles pages de Goethe " que j'avais préparé pour elles à l'occasion du centenaire goethéen. Je me demande si ce volume, peut-être, ne vous intéresserait pas : il contient une importante introduction et des " chapeaux " pour chaque œuvre, le meilleur de Goethe prose et poésie (celle-ci dans des traductions nouvelles, et, je l'espère, bonnes) plus d'une centaine de pages de sentences, aphorismes, fragments divers, résumant la sagesse de Goethe…


80 €


 






BUET (Charles). 13 L.A.S. ou C.A.S. à Gabriel Mourey.
21 p. formats divers. Paris, Chambéry, Thonon-les-Bains, 29 mai 1892 — septembre 1895. 1 lettre à en-tête du Logis du Chat Noir. Charles Buet (1846-1897), écrivain et journaliste, a reçu avenue de Breteuil beaucoup d’écrivains catholiques, comme lui, volontiers polémistes : Barbey d’Aurevilly, Léon Bloy ; mais encore François Coppée ou J.-K. Huysmans qui le prit, dit-on, comme modèle de Monsieur Chantelouve dans son roman Là-Bas. Correspondance amicale et littéraire très intéressante, qui mêle stratégie mais également cordialité et humour. Mentions de Barbey d’Aurevilly, Gourmont, Daudet, Sarah Bernhardt , Loti, J. Albiot, etc. Il est question dans une ou deux lettres du frère de Buet, Guillaume, dans une mauvaise passe, mentions aussi des journaux ou revues : L ’Idée Libre, Le Chat Noir, Le Figaro, Gil Blas. “…je suis assez d’avis que, lorsqu’on veut faire quelque chose, il est bien inutile, quand il n’est pas nuisible, d’obtenir la permission d’intermédiaires quelconques. Dans la circonstance présente, et si nous nous entendons bien, nous n’avons aucunement à prendre l’avis de Mlle Read, parce que cela nous amènerait à solliciter l’avis de Bloy, et peut-être à implorer celui de Péladan. Quant à ce que pensait des statues en général, et de la sienne en particulier, notre Barbey d’Aurevilly, peu nous en chault (sic). On fait dire aux morts tout ce qu’on veut, car ils ne sont plus là pour rétorquer. Agissons donc, vous et moi, de notre propre initiative, et si il y a des coussins à interposer entre nos projets et des oppositions plus ou moins sensiblerimentales, je m’en charge…”


500 €


 






BUTOR (Michel). 3 lettres ou cartes autographes signées à Robert Carlier.
4 p. in-12, Nice ou Saint-Laurent du Var, 17 février - 13 décembre 1971, au verso de cartes postales avec des fragments d’autres cartes relié à la première par des ficelles et donnant soit son adresse, son téléphone ou des voeux. La lettre est sur une sorte de naperon de dentelle de papier blanc. Autour du volume Travaux d’approche qui paraîtra en 1972 dans la collection Poésie/Gallimard. “Très heureux du projet de volume Butor dans Poésie-Poche. Je dois voir Roger Borderie mardi prochain à ce sujet, mais le projet me semble déjà au point. Je passerai rue Sébastien Bottin...” “Georges Lambrichs a maintenant entre les mains la totalité du manuscrit de Travaux d’approche pour la collection Poésie, texte et préface-entretien avec R. Borderie. Pourriez-vous lui demander de vous remettre tout cela, et me donner quelques précisions la date de parution envisagée ?” Il sera à Paris à la fin du mois... “je pourrai passer vous voir chez Gallimard pour régler les problèmes qui pourraint subsister...” “J’espère que lorsque vous recevrez cette carte, vous serez déjà rétabli, reposé, en pleine forme...” Il passera le voir chez Gallimard après être passé auparavant chez Massin. Jolis documents.


200 €


 






CADOU (René-Guy). Photographie originale.
Photographie originale (8,7 x 6,5 cm) en tirage d’époque, datée 3 décembre 1950 au dos. Roger Toulouse, Jean Rousselot, Marcel Béalu et René-Guy Cadou. Provenance M. Béalu.


350 €


 






CALET (Henri). L.A.S. à son “cher ami” (Marc BERNARD).
2 pleines pages in-8, [Paris], Le 7 novembre [1948]. Belle lettre. Il s’excuse de son retard à répondre : il avait un ami à la maison (le frère de Renée Ballon)… “Que se passe-t-il chez vous ? Où en est votre livre ? Paraîtra-t-il cette année encore ?* Pensez-vous aller à Paris ? Ici, rien qui vaille d’être dit. Il neige déjà et l’on se préoccupe de lutter contre le froid. Je n’arrive plus à écrire, pas même à penser, ou lire… Je m’engourdis. C’est grave. La vie « normale » vous prend très vite dans ses liens. On en vient à se demander comment on a pu vivre avant, quand on ne touchait pas régulièrement sa paie, tous les mois. Il faudra un jour brusquement en finir avec tout cela. Hirsch (de la N.R.F.) vient de m’envoyer un mot : il me demande de faire photographier la plaque du jardin public de Tarbes qui donne un titre au livre de Paulhan. Mais il y a beau temps que la plaque n’existe plus (si elle a jamais existé). Il ignorait que Hirsch s’occupait encore de littérature croyant qu’il se consacrait entièrement à la culture (celle de la terre). …Talleyrand ou Jeanne d’Arc dîtes-vous. Pourquoi faut-il que de tels choix seulement nous soient proposés ? Je crois avec vous que l’enjeu est très gros. Il faut donc se décider pour l’un ou pour l’autre, malgré qu’on en ait. Et mon goût me pousse vers Jeanne d’Arc (j ’aimerai mieux Don Quichotte). Il y a en moi cette inclinaison pour les causes à demi perdues. J ’ajoute que je suis persuadé que Talleyrand lui-même ne nous sortirait pas d’affaire… Il faudrait pouvoir causer de tout cela…” [Marc Bernard a ajouté en marge ce commentaire : “Mais pendant la guerre C. me disait : « La ligne de l’histoire passe par Berlin et Moscou ». Et il ne voulait pas se battre !”] * La Cendre sera publié à la N.R.F. en 1949.


400 €


 






CALET (Henri). C.A.S. à Jacques Brenner.
Au verso d’une carte postale avec une vue de Rabat, 23 janvier 1948. “Votre chronique de décembre m’a suivi au Maroc. J’aime beaucoup ce que vous dites d’America, et je suis content que cette vieille nouvelle vous ait plu. Je transmets à mon ami Georges HENEIN les lignes que vous lui consacrez. Nous rentrons à Paris dans un mois. Et j’espère que nous nous verrons alors...”


200 €


 






CANSELIET (Eugène). 4 lettres autographes signées à André Rolland de Renéville.
4 pages in-4 sur papier vergé d'une fine écriture, Savignies, 8 septembre, 17 décembre 1946 - 11 janvier (1948). env. conservées. Eugène Canseliet, écrivain et alchimiste, fut aussi l'éditeur du mystérieux Fulcanelli (" Le Mystère des Cathédrales " et " Les Demeures Philosophales) dont il fut, dit-on, l'unique disciple. Longues et très intéressantes lettres au sujet de l'article de Canseliet sur Cyrano de Bergerac pour la revue " traditionnelle " Les Cahiers d' Hermès (fondée en janvier 1947 et dirigée par Renéville), il paraitra dans le premier numéro. " Je vais maintenant reprendre le traintrain assez monotone de mes occupations, que coupera, d'une manière agréable, l'étude, quotidiennement répartie, que vous m'avez demandée sur le tant spirituel Cyrano. L'homme et l'œuvre, dans les replis, d'un double mystère, ne se livreront entièrement, qu'après l'effort idoine que je n'ai encore développé et qui ne saurait se régler sur un nombre de pages". Il prépare aussi un article sur Mistral pour un autre n° des Cahiers. Canseliet remercie Renéville de l'accueil fait à son livre (Deux logis alchimiques, en marge de la science et de l'histoire) et donne des indications concernant l'article sur Cyrano " …vous pouvez évidemment l'intituler Cyrano de Bergerac Philosophe hermétique ". Il donne de longues précisions sur le nom de Cyrano de Bergerac, indique des suppressions, des remplacements (...) " Je connais de petits traités d'Alchimie, qui apparemment, répondraient à votre dessein ; mais comme ils ne sauraient intéresser qu'une élite très restreinte, est-ce bien cette science qu'il est opportun de choisir ?". 28/12/46. L'impression d'Hermès n'ayant pas encore commencé, il souhaiterait rajouter " une note concernant le substantif vitriol lequel figure dans la troisième phrase du dernier paragraphe " et indique une séparation en 2 du dernier paragraphe. Il s'excuse dans la dernière lettre, celle de 1948, de s'être présenté chez lui à l'improviste ( ?) et d'avoir dérangé Madame de Renéville. Il espérait récupérer " la petite étude sur l'Axel de Villiers, soyez gentil de me le retourner, que je le rende à Philéas Lebesgue, qui me l'a confié et s'en inquiète… ".


850 €


 






CARAYON (Marcel). 8 L.A.S. à Pierre André-May.
Nîmes ou Montpellier, 2 avril 1923 - 31 janvier 1924, 12 p. in-8. RAMON PÉREZ DE AYALA. APOLLONIUS ET BELLARMIN. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ. 4 p. in-8. QUATRE CHANSONS D'INDIGENT. MÉLODIE. 5 POÈMES AUTOGRAPHES SIGNÉS. 5 p. in-8. Très intéressante correspondance concernant le numéro spécial de la revue montpelliéraine L'Ane d'Or, dirigée par Marcel Carayon, consacré à la littérature espagnole. Ce numéro sera publié parallèlement à celui d'Intentions consacré au même sujet avec également la collaboration de Valery LARBAUD dont il est fait mentions à nombreuses reprises dans ces lettres. Le texte de présentation du livre de Pérez de Ayala sera publié dans le n°19 de la revue d'André-May (novembre 1923) et une partie des poèmes dans le 14-15 (avril-mai).


380 €


 






CEARD (Henry). WEINDEL (Henri de). Le Marchand de microbes ou La fille aux ovaires.
Parade présentée pour la 1ere fois au Grand-Guignol le 7 mai 1898. P., Editions de la Revue d’Art Dramatique, 1898, in-12 (18 x 14,5 cm), br., 34 p. Edition originale. Exemplaire de Léon Deffoux, enrichi de 7 pages manuscrites d’Henri Céard, développements inédits à insérer à partir de la page 10, scène II et de la page 33, scène VII. Enrichi en outre d’un poème manuscrit de Céard de 5 pages à Léon Deffoux et d’une petite lettre datée du 23 janvier 1919 de Lucien Besnard en réponse à une demande de Leon Deffoux qui cherchait un exemplaire de cette pièce.


500 €


 






CEARD (Henry). [EDWARDS (Alfred)]. 4e acte de La Princesse de Bagdad. Parodie.
Précédée d’une conférence de M. Henry Céard. Parodie du drame en 3 actes d’Alexandre Dumas fils, présentée pour la 1ère fois sur la scène de L’Ermitage le 12 juillet 1895. Montmorency, Chateau de l’Ermitage, 1895, in-12, br., 42 p. Edition originale, ou “Edition unique”. Enrichi d’un envoi a.s. d’Henry Céard : “à Léon Deffoux, conservateur en chef du Musée de la “Tératologie littéraire”, cette monstruosité : La Princesse de Bagdad, de son vieux et affectueux camarade, Henry Céard 12 juillet 1918”. Avec une page manuscrite d’ajouts par H. Céard à sa préface p. 2. Joint : coupures de presse avec l’article de Deffoux sur la pièce, paru dans le Mercure de France du 15 août 1924. Il attribue à Céard cette parodie et non A. Edwards qui était l’ancien propriétaire du Matin, journal dans lequel Céard tenait la critique dramatique. On joint aussi un petit conte en vers imprimé d’Henry Céard : La Ratière de Port-Haliguen plaquette de 8 pages.


500 €


 






CHAMINADE (Marcel). 9 L.A.S. et 2 C.A.S. à Pierre André-May.
P., s.d., (1922-25), 16 p. in-8 ou in-4, certaines sont à en-tête du "Ministère des Affaires Etrangère Service d'Information et de Presse". SORBETS. 3 POÈMES AUTOGRAPHES, 3 p., in-4. Marcel Chaminade, pseudonyme de Marcel MOSZKOWSKI, poète et écrivain, ami de René Chalupt, était attaché au Quay d'Orsay. Correspondance au ton amical au sujet de dîners, d'amis, de littérature et de bibliophilie. Il y est question de sa rencontre à Deauville avec Léon-Paul FARGUE "un panama énorme étrangement juché sur son crâne, entouré de duchesses, pressé par des marquises, harcellé par des comtesses et en proie à d'innombrables baronnes", de Ricardo Vines, Valéry, etc. Les poèmes, Sorbets, sont parus dans le n°6 d'Intentions en juin 1922.


200 €


 






CHAR (René). L.A.S. à Jean Suquet.
1 p. in-4. S. l., 3 février 1974. “Le Scorpion et la rose* avait le visage de votre jeunesse, non celui qu’on prête à la jeunesse, mais celui qu’une jeunesse roule et jette dans le massif de son éclat et de son retrait et qu’on ne partagera qu’en silence avec qui la découvrira trempée de pluie, heureuse en somme du cordon coupé. Miroir de la Mariée* arrivé hier au courrier, comme il était une espérance, un peu comme « l’attente l’oubli », pour moi, me trouve sans surprise. J ’ai dit en l’apercevant : « Le voilà ! ». Et aussitôt Marcel Duchamp a répété dans mon dos: « Le voilà ! C’est déjà lui » Le verre ! Le contradicteur devenu muet, mais épanoui dans ses tournants fabuleux. J ’ai voulu vous écrire que je me réjouissais, avant de tout à fait vous lire. Amitié”. *Livres de Jean Suquet.


1000 €


 






CHAR (René). C.A.S. à Jean Suquet.
20 decembre 1955, au verso, une vue de la Fontaine de Vaucluse. “Que ma pensée vous parvienne sous la forme d'une brève carte, - je sais que vous en lirez le plaisir et l'amitié dans tous les sens, - je n'ai pas peur d'être mal jugé par vous... Mon vrai remerciement est dans notre accord silencieux, qui est au monde depuis quelques années déjà. J'ai pensé à vous, bien des fois, fraternellement. C'est tout. C'est beaucoup pour moi de savoir que vous existez, vous et quelques autres dont Jacques [leur ami commun le poète Jacques Dupin]. Je puis vieillir ainsi sans me voir, puisque les poètes vivent malheureusement longtemps aujourd'hui ! Votre ami...”


750 €


 






CHAR (René). C.A.S. à Jean Suquet.
S.l., 10 mai (années 50) au verso, une vue de L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse). “Je n'ai pas d'âge. Mon amitié pour vous est sans attente. C'est sans doute ce qui la fait forte. Vu ou disparu, je vous reconnais toujours et vous distinguerai entre plusieurs sympathies. Voilà. Merci...”


500 €


 






CHAR (René). A propos de “Claire”. Manuscrits autographes.
4 pages de divers formats, à l’encre noire. 1949-1950. Montage de textes critiques favorables à Claire, pièce en 10 tableaux de René Char, qui a soigneusement recopié de sa belle écriture les passages les plus saillants : “Livre incomparable, inentamable, qui est je crois bien, un chef d’oeuvre” Maurice Saillet. “La poésie de Char mêne les mots à leur éclatement et n’en laisse subsister qu’une poussière éblouissante... De cette fièvre de lumière, Claire donne en des tableaux qui se succèdent dans des milieux et des circonstances diverses la figure animatrice, la jeune fille irréductible à ces circonstances et à ces milieux vouée à des noces infinies, que symbolisel’immensité limpide et limoneuse d’un fleuve...” Georges Bataille. “Ce petit livre qui se veut “théâtre de verdure” est vaste et lourd de vraie poésie... René Char a su allier dans ce poème dialogué beaucoup de fraîcheur et de rigueur à beaucoup d’humanité”. France-Asie. Et coetera...


950 €


 






CHAR (René). Portrait de René Char. Photographie originale.
Photographie en tirage d’époque de René Char, format 18 x 12,8 cm. Belle photographie originale en tirage d’époque, portrait de l’auteur par Irisson, Isle-sur-Sorgue, (cachet au dos). Bel envoi a.s. daté de mars 1953 : “Pour Marcel Béalu son ami René Char”.


1000 €


 






CHAR (René). MARIEN (Marcel). La chaise de sable.
Bruxelles, L'Invention Collective, 1940, in-8, br., 86 p. Edition originale. 1/500 ex. num. sur vélin, avec le bulletin de souscription détachable auquel on joint une lettre autographe signée de René CHAR à Marcel MARIEN datée du 29 avril 1940 : “...l’annonce de votre livre adressée à L’Isle s/ Sorgue m’a suivi jusqu’au front où je me trouve depuis septembre - voulez-vous je vous prie à sa parution m’envoyer votre livre à l’adresse ci-dessous (exemplaire ordinaire)...” Suit l’adresse “Brigadier René Char” etc.


750 €


 






CHAR (René). RACOL (Maurice). Quatre fascinants - suite de mélodies pour soprano avec accompagnements de piano sur des poèmes de René Char.
Partition musicale manuscrite de 24 pages, en feuilles, sous forme de plaquette format 27 x 17,5 cm. Comporte : Préambule, le Taureau, la Truite, le Serpent, l’Alouette. Enrichi d’un envoi a.s. “A René Char avec ma sincère admiration. 21. XII.62, et à la fin de la partition autre envoi à Char et les dates: 6 XI - 21 XII 62. Le compositeur Maurice Racol (1908-1988) a également mis en musique des poèmes de Saint-John-Perse et Rilke.


1500 €


 






CHARDONNE (Jacques). 5 lettres autographes signées à Mathieu Galey.
15 pages in-4 sur papier ligné, 3 mars 1962 - 10 décembre 1967. Importante et très intéressante correspondance. Chardonne livre ses réflexions sur ses différents sujets de prédilection : la littérature, le monde de l'édition, la critique littéraire, les romans en traduction (réflexions sur le traducteur " amateur " et le traducteur de métier, la collection Le Cabinet Cosmopolite…). Dans la première lettre il parle longuement et très durement de son fils (Gérard Boutelleau). Il évoque de nombreuses personnalités : De Gaulle (long passage), Sagan, Jouhandeau, Clouard, etc. Et bien sûr Brenner, Bernard Frank, K. Haedens… Sans oublier Morand. Ses lectures occupent une large place et aussi les jugements à l'emporte-pièce. De Gaulle : …c'est un homme que j'ai longtemps détesté, parce que la politique de sacrifice de Pétain était la seule qui fut sensée. Il a adouci les malheurs de la France; on ne pouvait rien d'autre. Il n'a eu affaire qu'à des ingrats : les stupides " résistants " l'ont beaucoup gêné. Plus tard De Gaulle a rendu de grands services… Je suis fier de moi : je peux dire n'importe quoi. C'est à dire ce que je pense. Je pense que les deux plus grands livres du siècle sont : l'Histoire de la littérature de Clouard et l'Histoire de l'armée allemande par Benoist Méchin. Je ne fais qu'un reproche au séduisant Gaxotte : il a fondé et fort longtemps soutenu : " Je suis partout ". Connaissez-vous les vers de Carco? Moi mal. Dans le siècle il n'y a pas qu'Apollinaire, l'impuissant. Le mot parait drôle pour lui. Car, manger et le reste, il s'y entendait. Je le préfère pourtant à Aragon. L'impuissance, c'est une protection. Ce qui enlève beaucoup d'intérêt à tout ce qu'on dit, c'est que, presque toujours, c'est faux. Une information sûre, demande, pour être vérifiée, beaucoup de temps, et un esprit bien organisé… Dans la dernière lettre au sujet d'une expédition en taxi pour se rendre à Saint-Germain des Prés : que l'un de vous (Brenner ou vous) prenne le commandement… Il faut un chef, et tout va bien. La liberté c'est le désordre, et bientôt le néant. Je suis un réactionnaire. Pour les humains : des chaînes!


1800 €


 






CHAZAL (Malcom de). L.A.S. à Marcel Béalu.
Curepipe (Île Maurice), 24 décembre 1952, 2 pages recto in-4, env. conservée. Belle lettre concernant notamment son amie la poétesse mauricienne Edmée Le Breton, ainsi que Georges BATAILLE… Madame Le Breton qui vous a communiqué quelques notes biographiques récemment me concernant, est comme vous le verrez un poète féminin de classe. Je regrette que votre anthologie Poètes femmes contemporains ait sans doute déjà paru. Elle y aurait été en bonne place : style puissant pour une femme, fortes images, condensé, pénétration, métaphysique. Si ces quelques recueils qu'elle vous envoie sur ma demande, vous agréent, après les avoir lus, passez-les, je vous prie, à quelques poètes ou critiques de vos amis qui sauraient les apprécier. Il est dommage qu'un si beau poète soit inconnu des écrivains français. (…) Je fais parvenir à Georges Bataille par ce même courrier deux immense écrits : Saturne et l'Age d'or et une thèse sur la Poésie Cosmique. Je lui ai demandé soit de publier ces écrits dans Critique ou de les communiquer à d'autres revues. Si vous connaissez Bataille ou si vous pouviez le voir, faites-le de ma part, et au besoin, s'il ne peut publier mes écrits, pouvez-vous vous en charger et les passer à quelques directeurs de revue de vos amis…


500 €


 






CHENNENVIERE (Georges). 3 L.A.S. à Pierre ANDRÉ-MAY. P., 7 - 25 janvier 1922, 3 p. in-8.
FETES. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ. 2 p. in-4. Long poème paru en tête du n°2 d'Intentions en février 1922. Les lettres concernent le dit poème, Fêtes, et ses épreuves... "Je vous enverrai avec plaisir un poème inédit, qui fera partie de mon prochain recueil. Il s'agit de dix strophes de trois décasyllabes..."


200 €


 






CHENNEVIERE (Georges). 3 L.A.S. à Pierre André-May. Fêtes. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ.
P., 7-25 janvier 1922, 3 p. in-8. Fêtes. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ. 2 p. in-4. Long poème paru en tête du n° 2 d'Intentions en février 1922. Les lettres concernent le dit poème et ses épreuves… Je vous enverrai avec plaisir un poème inédit, qui fera partie de mon prochain recueil. Il s'agit de dix strophes de trois décasyllabes…


200 €


 






CLANCIER (Georges-Emmanuel). C.A.S. à Gaston Ferdière.
2 pages 15 x 10,5, le 5 octobre 1980. Au sujet d’un spectacle organisé par Ferdière et Geneviève Mallarmé et d’un éventuel reportage pour la télévision...


30 €


 






COINDREAU (Maurice-Edgar). 2 L.A.S. à Pierre André-May. Princeton, 12 février 1924 et 15 avril, 7 p. in-8 ou in-4, et deux poèmes tapuscrits signés (2 p. in-4).
"Mon ami Valery Larbaud m'écrit que votre revue "Intentions" s'intéresse à la jeune littérature espagnole". Il propose la traduction d'une comédie des frères Alvarez Quintero ou de l'une de Valles-Inclan du même genre, "andalou, gai, et sans prétentions". A la lecture d'Intentions, il réalise que ses propositions ne conviendront pas à la ligne éditoriale de la revue qu'il trouve plutôt avant-gardiste: "... la comédie en question ressemble plus à du Musset qu'à du Jean Cocteau". Universitaire aux États-Unis, il envisage de soumettre quand même ce qui lui paraitra intéressant des textes littéraires de ses étudiants... Il joint un poème de son cru intitulé Divagation et la traduction d'un poème de l'un des étudiants: Herman Salinger.


150 €


 






COLINET (Paul). Lettre autographe signée à Noël Arnaud.
2 pages, 13,2 × 8,9 à l'encre verte, 31 août 1953. J'espère que vous avez bien reçu, il y a plusieurs mois déjà, les 3 otaries acrobatiques mises bas selon votre désir. A présent je lis dans " Les Temps Mêlés ", outre votre prose très bien venue et très stimulante, que le Petit Jésus n° 7 publie du Colinet, du Piqueray, du Schwitters, du Blavier, etc. Il est évident que je ne puis rester indifférent à une telle annonce. Il lui demande si ce n° 7 est déjà paru, s'il y a eu des tirés à part avec les frontispices [de son neveu Robert Willems]. Quand recevrons-nous toutes ces choses excitantes ? Piqueray et lui veulent l'aider en achetant des tirés à part… D'autre part, il va de soi que je reste abonné à la nouvelle série du P'tit. Des Cahiers du Collège de 'Pataphysique, il n'a que le n° 7 qu'il n'a pas encore payé mais espère y arriver bientôt en souhaitant que les publications ne soient pas épuisées. J'attends de vos nouvelles cher ami Arnaud.


180 €


 






COLINET (Paul). L.A.S. à Noël Arnaud avec un AUTO-PORTRAIT (dessin original signé) au verso.
1 page à l'encre verte, datée 4 mars 1953. Colinet félicite et remercie Noël Arnaud de sa revue Le Petit Jésus… J'ai traversé une région où les nuages étaient si bas qu'ils me détrempaient les organes loco-moteurs. Une belle éclaircie toutefois : la réception du n° 6 du Petit Jésus dont je suis vraiment confus de venir vous féliciter et remercier si tardivement. Il décide un versement mensuel pour un nouvel abonnement à la revue ainsi qu'aux Cahiers du Collège de 'Pataphysique. (…) Et dans la marge : " Reproduction interdite " : Au verso, mes traits survivants tels que j'ai pu les repêcher, il y a quelques heures à peine dans mon miroir. Au verso : autoportrait de Colinet en couleurs à l'encre de Chine et aquarelle, format 13,2 × 9, signé en bas à droite P.C. et daté 3/53.


400 €


 






COLINET (Paul). L.A.S. à Noël Arnaud avec un AUTO-PORTRAIT (dessin original signé) au verso.
1 page à l'encre verte, datée 4 mars 1953. Colinet félicite et remercie Noël Arnaud de sa revue Le Petit Jésus… J'ai traversé une région où les nuages étaient si bas qu'ils me détrempaient les organes loco-moteurs. Une belle éclaircie toutefois : la réception du n° 6 du Petit Jésus dont je suis vraiment confus de venir vous féliciter et remercier si tardivement. Il décide un versement mensuel pour un nouvel abonnement à la revue ainsi qu'aux Cahiers du Collège de 'Pataphysique. (…) Et dans la marge : " Reproduction interdite " : Au verso, mes traits survivants tels que j'ai pu les repêcher, il y a quelques heures à peine dans mon miroir. Au verso : autoportrait de Colinet en couleurs à l'encre de Chine et aquarelle, format 13,2 × 9, signé en bas à droite P.C. et daté 3/53.


400 €


 






CURTIS (Jean-Louis). Jean Paulhan vu par Marcel Proust.
Manuscrit de travail de 8 p., 27 × 21, avec des ratures et des ajouts. Pastiche littéraire de Jean-Louis Curtis, c’est un chapitre d’À la Recherche du Temps posthume qui fut publié chez Fasquelle en 1957 dans la collection Libelles. D’autres volumes de pastiches du même suivront : La Chine m’inquiète en 1972 (les évènements de Mai 68 vu par…) ainsi que La France m’épuise en 1982 (la victoire de Mitterrand de 1981). Nous donnons, à titre d’échantillon, la première phrase du manuscrit : “J ’eus aussi le grand plaisir de rencontrer chez Roberte Swann, mon ami Jean Paulhan, l’un des hommes les plus suavement perspicaces du siècle, dompteur de l’édition doué d’un magnétisme assez puissant pour juguler pendant des années une ménagerie d’écrivains altérés de gloire, dont il savait apaiser, d’une parole douce, insinuante et ténue comme une caresse, les farouches appétits et les grinçantes impatiences, et que l’on voyait ronronner à ses pieds, fauves provisoirement apprivoisés, dans son bureau directorial de la N.R.F., critique assez subtil pour qu’on ne sût jamais avec précision s’il vous adorait dans vos faiblesses et vos manques ou vous dédaignait dans vos vertus et vos mérites, rhétoricien assez agile pour enrober dans des apophtegmes aigus comme des énigmes, excitants comme des toniques, insolites comme des paradoxes, les vérités permanentes du bon sens, les classiques évidences d’un Boileau ou d’un Sainte-Beuve, de sorte qu’ayant écrit un ouvrage où il raillait l’inhibition, la paralysie qui empêchent aujourd’hui un si grand nombre d’écrivains de dire avec simplicité le peu qu’ils ont à dire et qui, par exemple leur font croire naïvement qu’un « ciel bleu », un « lac tranquille » sont des choses qui ne se peuvent plus nommer, on pensa généralement que ces Fleurs de Tarbes (c’était le titre du libelle) inauguraient dans les lettres la douloureuse mode des crampes stylistiques, intronisaient le mal même qu’elles dénonçaient — c’est-à-dire une forme particulièrement exquise et torturée de l’impuissance, la Terreur devant le langage — et que l’on prit pour d’inquiétantes orchidées tropicales ces honnêtes pivoines pyrénéennes”.


600 €


 






DADELSEN (Jean-Paul de). 3 lettres signées à Robert Carlier.
3 pages in-4 ou in-8, Genève, 15 novembre 1951 - 17 mars 1952, à en-tête du Centre Européen de la Culture, Palais Wilson. “Il me vient à l’esprit que, si vous découvrez à la lecture que les “mémoires de la marquise de Créqui” vous intéressent, et que vous cherchiez qulqu’un pour faire la préface, vous pourriez vous adresser à mon ami Blaise ALLAN... C’est lui qui a fait l’édition annotée de Baudelaire qu’a publiée La Guilde du Livre de Lausanne. Il a beaucoup et d’excellentes relations littéraires (le père Breton, Paulhan et tutti quanti) connaît beaucoup de choses peu connues, est très fureteur: en bref, c’est le genre même de personne qui pourait faire des recherches intelligentes sur les conditions dans lesquelles ont été fabriqués ces “mémoires”, par qui (à moins qu’on le sache, mais on a dû l’oublier), etc. (...) Les deux autres lettres sont adressées à J.P. Lhopital, directeur du Club Français du Livre et concernent une réunion à Genève du Comité exécutif de la Communauté Européenne des Guildes et Clubs du Livre. C’est R. Carlier qui sans doute en fut le représentant. Jean-Paul de Dadelsen collabora aux coté de son ami Denis de Rougemont à ce Centre Européen de la Culture à partir de 1951. Ses lettres sont plutôt rares.


250 €


 






DANDIEU (Arnaud). L.A.S. [à Pierre André-May].
1 page in-4, 8 février 1929, à en-tête de L'Information Universitaire. Il lui propose de passer… le soir après-dîner, venez donc chez moi vers 9h1/4, je serais heureux de vous parler de l'Information Universitaire où je suis maintenant chargé de la rédaction artistique, littéraire et scientifique et lui propose d'y collaborer, notamment pour la critique des livres, vous serez le très bien venu…


50 €


 






DARD (Frédéric). 14 lettres autographes signées à Clément Bouvetier.
26 p., Lyon, in-4 ou in-8 toutes à son en-tête (ou celui des Éditions de Savoie), 18 février 1942 — 10 janvier 1946, enveloppes conservées. Excellente et rare correspondance du père de San Antonio. Frédéric Dard dans “Le cirque Grancher”, recueil de souvenirs publié en 1947, présente ainsi Clément Bouvetier : “marseillais mélancolique dont l’esprit n’a d’égal que l’impassibilité il est devenu mon ami, après des essais infructueux pour m’apprendre l’orthographe…” Il fut son professeur de français à La Martinière, l’école professionnelle à Lyon que Dard fréquenta durant trois années afin de devenir comptable et qu’il quitta ignorant en réalité “si l’actif se situe à gauche ou à droite dans les colonnes du Grand livre…” Mis en relation en 1938 avec Marcel E. Granger qui dirigeait les éditions Lugdunum et le journal Le Mois à Lyon, Dard débutera dans le journalisme d’abord anonymement, puis il publiera un livre La Peuchère suivi, en 1941, de son premier roman Monsieur Joos. Ce seront les débuts d’une longue carrière… Cette correspondance marque donc les débuts de l’écrivain. Le ton est fort chaleureux, plein de sollicitude et toujours très amical même si Dard se considère toujours comme l’élève de son « bon maître » qui l’aide à revoir ses manuscrits, corrige ses épreuves et son orthographe et lui sert aussi parfois de documentaliste. Il est question le plus souvent de ses ouvrages en cours (notamment Croquelune, Saint-Gengoul, La Crève…), des maisons d’éditions, des confrères journalistes ou écrivains (SIMENON est évoqué à plusieurs reprises), d’anciens élèves ou professeurs de La Martinière croisés à Lyon. La guerre sert de toile de fond : l’évacuation de Marseille, les bombardements, etc. Le ton devient aussi celui de la confidence quand le père de San Antonio est pris de doutes, parle de son manque d’instruction ou de son incapacité à faire un article, quand la difficulté du métier d’écrivain rejoint celle du métier de vivre… 4 avril 1944 : “J ’ai honte de vous infliger le pensum de Croquelune en période d’examens, d’évacuations et d’idées noires, et je trouve un peu impertinente ma sérénité. Mais voyez-vous j ’ai hâte d’avoir l’avis du « lecteur cultivé ». Je pense me rendre à Marseille à la fin du mois (…) vous savez combien je serai heureux de vous retrouver. Je me souviens d’un petit caboulot sur la corniche où l’on s’empiffrait de langoustes, l’an dernier et, s’il existe encore une corniche et des langoustes, je me fais une joie de vous y convier.


12000 €


 






DARIEN (Georges). L.A.S. à SÉVERINE.
2 p. in-8 sur double feuillet. Paris, 16 décembre 1889. Très belle lettre relative à son premier livre publié Bas les cœurs ! Biribi, bien qu’écrit antérieurement, ne paraîtra qu’un an plus tard. Darien dépeint dans ce roman particulièrement féroce les répercussions de la guerre de 1870 et de la Commune sur les esprits dans un milieu petit-bourgeois. Il ne sait comment remercier Séverine de l’article qu’elle consacre dans le Gaulois à son volume et lui témoigne de sa gratitude… “Je suis complètement désorienté, depuis quelques jours. Figurez-vous — je vous dis ça tout bas — que je me faisais une idée atroce du monde littéraire. Ayant toujours vécu à l’écart, presque comme un ours dans sa cage, j’étais arrivé à me convaincre que je ne rencontrerais lorsque je me risquerais hors de mon trou que des pattes armées de griffes — ou d’éteignoirs. Et j ’ai trouvé des mains tendues ! Ça vous retourne, cela. Il n’était que peu confiant des destinées de son malheureux bouquin et en était même honteux ! Je l’ai porté chez quelques personnes qui l’ouvraient devant moi pour le feuilleter et je vous garantis que je n’étais pas à la noce ; je me mettais en quatre pour le leur faire fermer. Maintenant ça va un peu mieux. Je regarde mon fruit d’un œil moins mauvais — pas trop bon, pourtant (…) et on trouve ici une image qui pourrait tomber de la bouche de Georges Randal, le héros du Voleur : Vous êtes trop bonne pour moi, madame, beaucoup trop bonne ; mais soyez certaine que, si j ’ai jamais quelque talent, je m’en servirai comme d’une pince pour forcer des barrières morales et que je ne la tordrai pas en rossignol pour ouvrir les portes de l’Académie.


1000 €


 






DAUMAL (René). 3 lettres autographes signées à Pierre David.
4 pages d’une écriture bien serrée, Sèvres, 13 mars - 22 juin 1938, formats divers, env. conservées. Dès le début des années 30 René Daumal a suivi l'enseignement de Gurdjieff auprès de Mme de Salzmann et de Philippe Lavastine. Enseignement au sein d'un groupe qui incluait des exercices mentaux (comme le " rappel de soi ") et des danses rythmiques. Les deux ouvrages de Daumal, La Grande beuverie et Le Mont Analogue, en donnent un certain reflet. Par la suite lui-même instruira un groupe informel autour de Geneviève Lief au Plateau d'Assy dans les Alpes. Ces lettres inédites sont un peu celles d'un Daumal " recruteur " avec toute sa sincérité et son talent d’épistolier. "Une personne dont je suis l'élève, avec quelques amis, Madame de Salzmann, lira mercredi prochain la première d'une série de 6 conférences - qui ne sont pas d'elle, et dont le contenu, d'ailleurs, n'est d'aucun auteur humain individuel - qui sont une introduction à l'enseignement et au travail qui sont la raison d'être de notre groupe. Ces conférences préliminaires concernent la constitution de l'homme, ses possibilités, les obstacles et les conditions nécessaires à sa transformation. Mais dès la première, il s'agit de tout autre chose que de l'exposé invérifiable d'une théorie philosophique, car à la proposition est toujours jointe l'indication de la manière, pour chacun, d'en essayer la vérification. Deux groupes (un plus ancien, un plus récent) travaillent déjà dans cette direction, et c'est un 3ème qui est en formation, et pour lequel cette série de conférences est reprise. Je ne sais si l'occasion se représentera. Quelques personnes sont invitées (dont vous, à cause de certaines questions que vous m'aviez posées); et, après cette première lecture, elles décideront si elles voient un intérêt quelconque à s'inscrire pour la série (…) (…) J'étais un peu inquiet de n'avoir pas de vos nouvelles. Je sais en principe, de quoi vous voulez parler, puisque c'est un mal général. (Par cette disharmonie, nous sommes, les uns, comme des cuves percées ; d'autres, comme des cuves renversées ; d'autres, comme des cuves pleines d'eau croupie ; d'autres, comme des cuves fermées d'un couvercle. La pluie du ciel peut tomber, elle ne les remplira pas. A nous de calfater nos fissures, de nous remettre d'aplomb, de nous vider, de nous ouvrir, avant que le bois ne soit pourri. Tout le monde en est là.) Je m'en serais voulu de vous avoir laissé ignorer l'existence de cet enseignement…


4000 €


 






DAVID (Maurice). 2 lettres et 1 carte autographe signées à Pierre-André May et 3 poèmes manuscrits.
Collaborateur de la revue l’Oeuf dur. 1 lettre (2 p.) à en-tête de l’Oeuf dur, 14 mars 1922 : Il le remercie de l’envoi d’Intentions et de la publication de son poème dans le n° 3. [Intentions mars 1922 : Sphinx double]. Il voudrait lui parler de ce n°. “J’aime beaucoup les Gestes de Paul Fierens et la classique pureté (Ronsard, Malherbe et Baudelaire) de l’En Arles d’Alibert (ce dernier goût me vaudrait je crois une dispute à l’Oeuf Dur). Le Romains n’est pas mauvais et le Jouhandeau me plait infiniment. J’ai vu enfin dans votre Salomé que vous aimiez non seulement Wilde mais encore plus (?) Villiers de l’Isle-Adam, et voilà une nouvelle rencontre”. 1 lettre (2 p.) à en-tête de l’Oeuf dur, 28 mars 1922 : Il est sensible aux critiques de la presse que P-A. May lui a fait parvenir (Jamati) et apprécie Lucia van Dooren et Assez de chants glacés de Martin du Gard “qui est très supérieur à tout ce que je connaisssais de lui.” 1 carte recto verso, 4 mai 1922 : il doit aller à St Gervais tout le mois de mai en raison de sa santé et lui envoie 3 contes inédits refusés par les Ecrits N. et la N.R.F., il serait heureux de les voir publiés. 3 poèmes manuscrits (7 pages, la dernière signée), Trois contes : Conte ennuyeux, Conte d’Outremer, Conte comique, paraitront dans Intentions n° 1, janvier 1922 et dans Intentions n° 3, mars 1922 : Sphinx double de Maurice David.


250 €


 

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J.-F. Fourcade | Livres anciens & modernes